Politique

10 heures plus tard, l’accord avec la CAF éclate

Deux mois après la finale de la CAN 2025, la décision de la Confédération africaine de football (CAF) continue de provoquer une onde de choc, apparaissant, pour de nombreux observateurs, comme un véritable retournement de situation aux allures de piège administratif tendu au Sénégal. Vainqueurs sur le terrain face au Maroc grâce à un but de Pape Gueye, les Lions pensaient avoir décroché le titre. Mais dans un revirement spectaculaire, le jury d’appel de la CAF a finalement déclaré le Sénégal forfait, accordant la victoire au Maroc sur le score de 3-0.

Ce revirement, intervenu bien après la fin de la finale, alimente une lecture plus critique des événements. Car au-delà du simple cadre réglementaire, certains y voient un mécanisme bien rodé, où les enjeux juridiques ont pris le pas sur la réalité sportive. Le match, déjà marqué par des tensions, notamment après le retrait temporaire des joueurs sénégalais pour contester un penalty accordé au Maroc – finalement manqué – semblait avoir rendu son verdict sur le terrain. Mais c’est précisément cet épisode qui a servi de base à la décision finale.

Dans ce contexte, la chronologie des faits pose question. Alors que la victoire sénégalaise semblait certaine, la procédure engagée en coulisses a progressivement inversé la dynamique. Loin de se limiter à une simple contestation, la Fédération royale marocaine aurait, selon RMC Sport, construit méthodiquement un dossier solide, enrichi au fil des semaines. Entendues au Caire par visioconférence, les différentes parties ont vu le dossier complètement réexaminé, avec une attention particulière portée au comportement des joueurs sénégalais et aux précédents en matière de retrait des terrains.

Côté marocain, la démarche est présentée comme strictement réglementaire. Un proche de la Fédération évoque un appel visant à garantir « la stabilité, la cohérence et la crédibilité des compétitions », sans intention de remettre en cause les performances sportives. Toutefois, pour de nombreux observateurs sénégalais, cet argument ne dissipe pas le sentiment d’un rapport de force déséquilibré, où la préparation en amont et la maîtrise des leviers juridiques auraient joué un rôle déterminant.

A Dakar, la décision a fait l’effet d’une explosion. La Fédération sénégalaise de football (FSF) refuse de céder et annonce rapidement son intention de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne. Pour les dirigeants sénégalais, il ne s’agit plus seulement d’un match, mais d’un combat pour la reconnaissance d’un résultat obtenu sur le terrain. “Pour défendre ses droits et les intérêts du football sénégalais, la Fédération engagera, dans les plus brefs délais, une procédure de recours”, a indiqué la FSF.

Le ton est monté d’un cran avec les déclarations d’Abdoulaye Sow, secrétaire général de la Fédération, dénonçant une décision très contestée et assurant que le combat est loin d’être terminé. Cette posture reflète une volonté claire : ne pas laisser s’établir un précédent qui pourrait affaiblir la crédibilité des résultats sportifs en Afrique.

Au-delà du cas sénégalais, cette affaire met en lumière les limites et les zones d’ombre du système de gouvernance du football africain. Entre décisions administratives tardives, interprétations des règlements et poids des recours judiciaires, la frontière entre justice sportive et stratégie institutionnelle semble de plus en plus floue.

Désormais, loin des pelouses et des tribunes, le sort de cette CAN 2025 se joue au sein des instances. Un nouveau match a commencé, cette fois sur le terrain judiciaire, où chaque détail comptera. Et pour le Sénégal, le défi est clair : démontrer que, derrière ce qui est perçu comme un « accord » déséquilibré, la vérité du terrain doit encore prévaloir.

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