Les contours de grands pipelines se dessinent au sud et au nord de Tivaouane

La fabrication des dalots et des structures métalliques destinées au coffrage transforme le chantier en atelier à ciel ouvert. Des voix autorisées témoignent que la cité religieuse est en construction. ” L’entreprise est accessible et disponible. Ce sont des facteurs déterminants dans l’exécution d’un projet », a témoigné El Hadj Malick Sarr, représentant du Khalife général de Tidianes, au comité de suivi du projet. Il s’est arrêté spontanément pour s’entretenir avec le directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Séni Diène, qui avait souhaité une visite de terrain plus discrète et plus technique.
La visite se poursuit à l’intérieur de la cité religieuse. A Beïty, une autre surprise surgit au fond d’une tranchée. Un canal s’étend à l’intérieur d’une grande échancrure. A la fin, une pelle mécanique ronronne. Elle creuse et déverse le chargement sur les berges de cette grande ouverture sablonneuse. De chaque côté, des monticules de sable se forment. Ils sont décalés. À l’extérieur, des ferrailleurs fabriquent les structures métalliques du coffrage. Le chantier est en marche. La décoration est rassurante. ” Ce que j’ai vu me rassure. Un travail bien fait profite avant tout à celui qui l’a fait. Nous espérons pouvoir respecter le calendrier », prédit le directeur général de l’ONAS.
Réassurance et exigence
Le voyage continue. Nous traversons une zone arbustive parsemée de maisons. D’autres maisons sont en construction. Alors que nous commençons à descendre, les maisons cèdent la place aux champs. Entre les “cadds”, un autre front s’active. Une machine extraite du sable. Les ouvriers coupent les barres de fer et les relient. Non loin de là, une bétonnière brise la planéité de ce quartier inhabité.
Le rythme d’exécution a été immédiatement satisfaisant. Mais, pour se préparer à toute éventualité, tout le monde souhaite que cela s’accélère. ” En plus des 12 fronts qui sont ouverts, si on peut passer à 15, à 16 fronts de pose de dalots, en plus de la partie des canalisations, je crois qu’on peut être dans les délais », estime le directeur des études et de la planification de l’ONAS, Kader Konaté.
Dans la partie sud de la cité religieuse, le projet de drainage des eaux pluviales de Tivaouane prend forme. Déjà un kilomètre de canal a été construit pour le lot 1. Alors que pour le lot 2, 850 m ont déjà été construits. ” Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour respecter les délais. », raconte un dirigeant de la société Kélimane, en présence de son directeur général, Momath Cissé.
Les contours d’un pipeline se précisent au nord de Tivaouane
Dans la partie nord, en remontant et face aux quartiers de Darou Salam et Keur Khaly, les dalles de fermeture recouvraient une bonne partie du canal qui est déjà enfoui par endroits. Deux regards sont en cours de construction sur le canal englouti, à une dizaine de mètres de profondeur.
En amont, l’ouvrage mesure 1,5 m de profondeur et 2 m de largeur et à l’extrémité aval, vers l’exutoire, les dimensions sont de 2 m de profondeur et 2 m de largeur. ” La ville de Tivaouane n’a jamais eu ce type de canalisations », souffre un habitant employé sur le chantier. Le Projet lancé par le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, le 10 novembre 2025, avance sur plusieurs fronts.
” La ville de Tivaouane est en chantier sur ce projet. L’entreprise n’a pas attendu. Elle a anticipé », a témoigné le maire de la ville, Diop Sy. D’un coût de 7,5 milliards de francs CFA, le projet d’assainissement des eaux pluviales permettra de sauver des inondations 86 000 habitants de la cité religieuse.



