Politique

Création d’une catégorie d’officiers sous contrat, tout savoir sur les nouveautés de l’armée sénégalaise

Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté hier à l’unanimité le projet de loi instituant le statut des agents sous contrat (OSC). Le texte, défendu en commission puis en séance plénière par le ministre des Armées, le général Birame Diop, introduit une innovation majeure dans l’organisation et la gestion des ressources humaines des Forces armées sénégalaises.

Dans l’exposé des motifs, le ministre a placé la réforme dans le cadre de la montée en puissance des Forces armées. Il a rappelé qu’une augmentation significative des effectifs et le recours à des procédures de recrutement adaptées sont devenues nécessaires pour pourvoir, en nombre suffisant, les postes de première partie de carrière. L’objectif affiché est d’apporter une réponse durable aux pénuries récurrentes d’officiers subalternes, qui pèsent sur les capacités de gestion et opérationnelles.

Le général Birame Diop a toutefois souligné la nécessité d’éviter toute distorsion de la pyramide des grades. Selon lui, des dispositions innovantes doivent permettre de réduire progressivement le nombre de salariés occupant des emplois de seconde carrière, qui nécessitent un nombre d’agents plus limité. C’est dans cette perspective qu’a été retenue l’option de créer une catégorie d’officiers sous contrat, destinée à renforcer la base de la pyramide sans compromettre les équilibres structurels.

La nouvelle catégorie permettra aux Forces armées de recruter, pour une durée déterminée, des personnels apportant des expertises et des compétences spécifiques, en complément de ceux issus des écoles militaires. Le système vise notamment à capter des ressources humaines déjà dotées de qualifications techniques et professionnelles, notamment dans les domaines liés aux connaissances émergentes et aux fonctions techniques spécialisées.

Selon le ministre, le projet de loi poursuit trois objectifs principaux : le renforcement des postes de cadres juniors, l’emploi de jeunes diplômés dans certains postes techniques et la rationalisation des effectifs au niveau supérieur. Il a placé la réforme dans un contexte stratégique marqué par un déficit structurel d’officiers subalternes, présentant la création des OSC comme une solution adaptée aux besoins actuels.

Anticipant certaines inquiétudes, le ministre a abordé la question du risque d’une « armée à deux vitesses ». Il a assuré que le texte est explicite : à rang égal, les officiers d’active et les officiers sous contrat bénéficieront des mêmes droits, des mêmes devoirs, de la même rémunération et des mêmes responsabilités. La différence portera uniquement sur la durée de l’engagement et le mode de recrutement. Les deux catégories sont conçues pour être complémentaires et non concurrentes.

Concernant la crainte d’une éventuelle démotivation des officiers d’active, le général Birame Diop a soutenu que la réforme contribuera au contraire à alléger leur charge de travail en comblant le déficit d’officiers subalternes. En préservant la pyramide des grades, cela garantirait également leurs perspectives de carrière.

Le texte prévoit un engagement pouvant aller jusqu’à quinze ans pour les agents sous contrat. A l’issue de cette période, ils auront acquis, selon le ministre, une expérience substantielle, des compétences transférables, ainsi qu’une discipline et des capacités de leadership utilisables dans le secteur civil. Une prime de fin de contrat est prévue pour faciliter leur reconversion. Le projet ouvre également la possibilité, pour certains, d’intégrer le corps des officiers d’active selon des modalités définies par les textes d’application.

Enfin, le ministre a rappelé que ce type de statut existe déjà dans plusieurs armées modernes, notamment en France, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Maroc. Le Sénégal s’est inspiré de ces expériences, tout en adaptant le système à son contexte national.

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