Sutsas dénonce le silence des autorités

Le syndicat pointe la situation jugée « troublée » à l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP), qui est selon lui devenue un point de friction entre la SUTSAS et le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES).
Concernant l’affaire « Softcare », que le syndicat qualifie de « fumeuse », aucune issue concrète n’a été enregistrée malgré l’annonce d’une enquête parlementaire. Plus inquiétant, selon le SUTSAS, aucune mesure de précaution n’a été rendue publique concernant les produits déclarés impropres à la consommation après un contrôle technique dans une usine pharmaceutique.
Le syndicat affirme maintenir la mobilisation pour préserver les acquis obtenus au sein de l’ARP et exiger l’apurement des dettes sociales dues aux contractuels ainsi qu’aux travailleurs des collectivités locales.
Transmission volontaire du VIH : appel à une prise en charge renforcée
Le secrétaire général du SUTSAS, Mballo Dia Thiam, évoque également un contexte particulièrement sensible marqué par un scandale impliquant des individus accusés d’avoir volontairement transmis le VIH à des victimes mineures.
Sans entrer dans les détails juridiques, le syndicat réclame une protection renforcée des enfants concernés, un accès effectif aux soins ainsi qu’un soutien psychosocial adapté. Il rappelle également la situation des enfants nés de mères séropositives et des familles vivant avec le VIH, confrontés à la stigmatisation.
Selon SUTSAS, l’Action Sociale, fragilisée par les réorganisations et le manque de ressources humaines spécialisées, reste « relativement impuissante » face à ces défis.
Le syndicat attire également l’attention sur l’augmentation des accidents de la route, dont le bilan 2026 montrerait une augmentation significative par rapport à 2024, augmentant la pression sur des structures sociales déjà en difficulté.
La situation hospitalière n’est, selon lui, « guère meilleure ». Les établissements Richard-Toll et Saint-Louis seraient confrontés à des crises récurrentes, compromettant leur fonctionnement.
Des réformes législatives exigées
Face à ces multiples urgences, SUTSAS interpelle le gouvernement sur plusieurs priorités :
• la consolidation et le renforcement de l’action sociale ;
• la résolution des litiges internes et externes à l’ARP ;
• le règlement des passifs sociaux générateurs de tensions syndicales ;
• le vote de la loi d’orientation familiale ;
• l’adoption d’une loi sur les examens prénuptiaux ;
• et celle relative à la médecine traditionnelle.
Pour Mballo Dia Thiam, ces réformes doivent constituer la base d’une médecine plus préventive que curative, orientée vers l’intérêt supérieur des populations. Le syndicat estime que l’Etat porte « l’entière responsabilité » des choix opérés dans la gestion du ministère de la Santé.



