Société, Culture

L’épidémie silencieuse qui ravage la jeunesse

On parle abondamment du VIH/Sida dans les campagnes de sensibilisation et les débats publics. Pourtant, une autre infection, plus discrète mais tout aussi redoutable, continue de progresser dans le silence : l’hépatite B. Plus contagieuse, souvent asymptomatique pendant des années et particulièrement agressive pour le foie, elle constitue aujourd’hui une véritable urgence de santé publique, notamment chez les jeunes.

Une maladie qui évolue sans bruit

L’hépatite B est une infection virale qui attaque le foie. Après contamination, le virus peut rester silencieux pendant longtemps. De nombreuses personnes infectées ne présentent aucun symptôme au départ : ni douleur, ni signe alarmant. Cette évolution insidieuse explique pourquoi la maladie est souvent observée tardivement, parfois à un stade avancé de cirrhose ou de cancer du foie.

À l’intérieur de l’organisme, cependant, le foie peut être progressivement endommagé. Cette destruction lente et invisible rend la maladie particulièrement dangereuse.

Des modes de transmission souvent mal compris

Contrairement aux idées reçues, la transmission de l’hépatite B ne se limite pas aux rapports sexuels non protégés. Le virus se transmet principalement par le sang et certains liquides biologiques. La contamination peut survivre :

  • lors de rapports sexuels non protégés ;

  • par le partage de rasoirs, coupe-ongles ou objets tranchants ;

  • via des aiguilles contaminées ;

  • lors de tatouages ​​ou scarifications réalisés avec du matériel mal stérilisé ;

  • de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement.

Il est essentiel de préciser que l’hépatite B ne se transmet pas par une poignée de main, un repas partagé ou l’utilisation ordinaire d’ustensiles. La désinformation nourrit la stigmatisation et freine la prévention.

Les spécialistes rappellent également que le virus de l’hépatite B est plus résistant que celui du VIH. Il peut survivre plusieurs jours à l’extérieur du corps humain, ce qui augmente les risques de contamination dans des environnements où les règles d’hygiène sont insuffisantes.

Une menace particulière pour les jeunes

Chez les jeunes, le danger est d’autant plus préoccupant que beaucoup ignorent leur statut sérologique. L’absence de symptômes crée un faux sentiment de sécurité. Pourtant, lorsqu’elle devient chronique, l’infection peut évoluer vers des complications graves : fibrose, cirrhose, insuffisance hépatique ou cancer du foie.

Ces complications apparaissent souvent à l’âge adulte, au moment où l’on construit sa vie professionnelle et familiale. Les conséquences sanitaires, sociales et économiques peuvent alors être lourdes, tant pour les familles que pour la collectivité.

Vaccination et dépistage : des armes efficaces

L’hépatite B n’est pas une fatalité. Il existe un vaccin sûr et efficace, administré dès la naissance dans le cadre des programmes nationaux de vaccination. Cette protection est durable.

Les adolescents et adultes non vaccinés peuvent également recevoir le vaccin, après un test de dépistage. Un simple examen sanguin permet de connaître son statut. Se faire dépister, c’est ouvrir la voie à un suivi médical précoce et, si nécessaire, à une prise en charge adaptée.

En cas d’infection chronique, des traitements existants pour ralentir l’évolution de la maladie et réduire le risque de complications graves.

Des gestes simples pour prévenir

La prévention repos aussi sur des mesures accessibles :

  • éviter le partage d’objets pouvant être en contact avec le sang ;

  • s’assurer que les tatouages ​​et piercings sont réalisés dans des structures respectant les normes strictes de stérilisation ;

  • adoptant des rapports sexuels protégés ;

  • dépister exclusivement les femmes enceintes afin de protéger les nouveaux-nés.

Un enjeu collectif

Au-delà des comportements individuels, les pouvoirs publics ont un rôle central. Il est nécessaire de renforcer les campagnes de sensibilisation dans les écoles, universités et espaces communautaires, et de faciliter l’accès au dépistage et à la vaccination.

La lutte contre les maladies transmissibles ne doit pas être sélective. Se concentrer uniquement sur certaines infections en négligeant d’autres crée des angles mortels dangereux. L’hépatite B mérite une attention accrue, des investissements soutenus et une mobilisation collective.

Silencieuse mais dévastatrice, elle progresse dans l’ombre. Protéger la jeunesse, c’est investir dans l’information, la prévention et la vaccination. Ignorer cette maladie aujourd’hui, c’est nuire à l’équilibre sanitaire de demain.

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