le chef de la diplomatie iranienne révèle ce que Washington a renoncé à exiger

Les traités diplomatiques entre Téhéran et Washington se maintiennent dans un climat de forte pression militaire. Alors que la Maison Blanche maintient une posture martiale dans la région, les officiels iraniens font preuve d’un optimisme prudent quant à l’issue des pourparlers en cours, préparant la soumission d’une proposition écrite formelle.
Selon les informations diffusées par la chaîne Al Jazeera, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que son pays est « prêt pour la paix » et privilégie la voie diplomatique avec les États-Unis. Lors d’un entretien accordé au réseau américain MS NOW, le chef de la diplomatie a souligné qu’une solution diplomatique est à portée de main, précisant que le programme nucléaire iranien ne comporte aucun enjeu militaire viable.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de renforcement massif de la présence militaire américaine au Moyen-Orient, comprenant deux portes-avions et des dizaines d’avions de chasse. Un déploiement qualifié d’« inutile » par M. Araghchi. De son côté, le président américain Donald Trump a publiquement admis envisager des frappes limitées contre l’Iran afin de consolider la position de Washington à la table des négociations. Face à cette éventualité, le responsable iranien a prévenu qu’une option militaire entraînerait des conséquences désastreuses pour l’ensemble de la région, rappelant que les Iraniens ne réagiraient qu’au « langage du respect » et que les politiques précédentes de sanctions ou de guerre n’ont pas fonctionné.
Malgré ces tensions publiques, les deux séances de pourparlers tenues le mois dernier sont décrites comme positives par les deux camps. C’est sur le volet technique de l’enrichissement d’uranium qu’un détail majeur a émergé. Alors que Donald Trump et ses proches conseillers ont publiquement exigé le démantèlement total du programme nucléaire iranien, Abbas Araghchi a révélé que la délégation américaine n’a pas réclamé un « enrichissement zéro » lors des récentes discussions. L’Iran, signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), a toujours revendiqué son droit à l’enrichissement. À faible niveau, ce processus sert à alimenter les centrales électriques, tandis qu’une concentration d’environ 90 % permet la fabrication d’armes. Téhéran dément toute volonté de se doter de la bombe atomique et se dit prêt à accepter des limites et une surveillance rigoureuse de ses opérations.
La prochaine phase des traités s’annonce décisive. Donald Trump a récemment prolongé un ultimatum, accordant désormais 10 à 15 jours pour parvenir à un accord. Pour y répondre, Téhéran doit soumettre un projet écrit aux négociateurs américains, dirigés par l’émissaire Steve Witkoff. Ce document servira de base de travail pour finaliser le texte définitivement. Les enjeux restent immenses, moins d’un an après les bombardements menés en juin dernier par les forces israéliennes, appuyées par les États-Unis, contre trois installations nucléaires majeures en Iran.



