Politique

La France fait tomber le professeur Bachir Koïta et ses faux bulletins scolaires

Une affaire de falsification de documents scolaires, impliquant Bachir Koïta, professeur d’Éducation physique et sportive (EPS), et un élève, a été révélée à Grand-Yoff par la Brigade de recherches. Les deux suspects ont été arrêtés pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, ainsi que pour usurpation de fonctions. Leur activité consistait à fabriquer et à fournir de faux bulletins scolaires destinés à faciliter soit les changements d’établissement, soit les démarches d’inscription universitaire à l’étranger, notamment auprès des ambassades.

L’enquête a été ouverte suite à un appel des services deAmbassade de France. Jeudi 19 février, le directeur de l’établissement privé « Les pédagogues » reçoit une demande de vérification relative à l’authenticité d’un bulletin scolaire joint à un dossier de préinscription universitaire en France.

Le document concernait un étudiant identifié comme étant M. Diouf. A réception du bulletin, le chef d’établissement a constaté plusieurs anomalies : un cachet jugé grossier, une signature manifestement fantaisiste et diverses incohérences dans les informations administratives. Convaincu qu’il s’agissait d’un faux, il décide de saisir la justice en déposant plainte.

Le questionnement de l’étudiant

Saisi du dossier, les enquêteurs du Brigade de recherche remonter rapidement à l’auteur du document. M. Diouf, 21 ans, étudiant résidant aux HLM de Grand Yoffest arrêté.

Lors de son audition, il a reconnu avoir acheté le bulletin scolaire falsifié pour la somme de 15 000 FCFA. Il désigne ensuite son fournisseur : un certain Bachir Koïta, professeur d’éducation physique, rencontré grâce à des connaissances communes.

Sur la base de ces déclarations, les enquêteurs ont mis en place une opération flagrante. Sous leur contrôle, M. Diouf reprend contact avec l’enseignant en question et passe une nouvelle commande de deux bulletins scolaires falsifiés. Un rendez-vous est fixé pour la remise des documents.

Le jour convenu, la police est intervenue lors de l’échange. B. Koïta, 31 ans, professeur d’éducation physique habitant Ouest-Foire, a été interpellé alors qu’il remettait les faux bulletins à l’élève.

Confessions et matériel compromettant

Confronté aux faits, l’accusé reconnaît avoir créé de nombreux documents falsifiés. Selon ses déclarations, ces faux auraient été utilisés par des étudiants souhaitant changer d’établissement ou compléter des dossiers exigés par certaines ambassades.

Une fouille de son scooter, servant au transport de documents, a permis aux enquêteurs de saisir plusieurs documents : trois cachets appartenant à différents établissements scolaires, deux clés USB contenant de nombreux documents administratifs modifiés, six bulletins scolaires déjà prêts, une attestation de conformité pour le cours particulier « Les Pédagogues » ainsi qu’une attestation de scolarité.

Les investigations se poursuivent au domicile du suspect, situé à Ouest-Foire. La perquisition a révélé un véritable atelier de falsification, comprenant un ordinateur portable, une imprimante et un stock important de documents vierges ou partiellement complétés.

Placés en garde à vue, M. Diouf et B. Koïta devront répondre des accusations d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux, et d’usurpation de fonctions. Les enquêteurs ne s’arrêtent pas à ces deux arrestations et soupçonnent l’existence d’un réseau plus large. Ils cherchent désormais à évaluer l’ampleur réelle de la production de faux documents et le nombre de bénéficiaires potentiels.

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