l’ambassadeur américain en Israël cible le territoire de quatre pays arabes voisins

Une déclaration sur les frontières d’Israël a déclenché une crise diplomatique majeure au Moyen-Orient. Les propositions tenues par le représentant diplomatique des États-Unis ont provoqué une vague de condamnations officielles de la part de plusieurs capitales arabes et d’organisations régionales.
Lors d’un entretien télévisé diffusé vendredi avec le commentateur américain Tucker Carlson, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a été présent sur les limites géographiques de l’État hébreu. La discussion portait sur la promesse biblique d’un territoire s’étendant du fleuve Euphrate en Irak jusqu’au Nil en Égypte. À la question de savoir si l’État moderne d’Israël pouvait revendiquer cet héritage, le diplomate a répondu : « Ce serait bien s’ils prenaient tout ».
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, une telle configuration territoriale engloberait le Liban actuel, la Syrie, la Jordanie ainsi que des portions de l’Arabie saoudite. L’ambassadeur a par la suite tenté de nuancer son propos, le qualifiant de « déclaration quelque peu hyperbolique », tout en affirmant qu’Israël ne cherchait pas à étendre son territoire mais avait droit à la sécurité sur les terres qu’il contrôle actuellement.
Ces explications n’ont pas empêché les réactions des fermes des chancelleries voisines. L’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et la Ligue arabe ont publié des communiqués distincts pour condamner cette sortie. Le ministère saoudien des Affaires étrangères a énoncé une rhétorique « extrémiste » et « inacceptable », exigeant des clarifications du département d’État américain. La diplomatie égyptienne a évoqué une « violation flagrante » du droit international, rappelant qu’Israël n’a aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés ou sur d’autres terres arabes. Amman a fustigé des déclarations « absurdes et provocatrices », tandis que la Ligue arabe y voit une volonté d’enflammer les sentiments religieux et nationaux.
Nommé ambassadeur en 2024 par le président américain Donald Trump, Mike Huckabee se définit comme un sioniste chrétien. Nos sources rappellent qu’il s’est longtemps opposé à la solution à deux États et à nié l’existence d’une occupation illégale de la Cisjordanie. En 2008, il avait remis en question l’identité palestinienne en affirmant qu’elle n’existait pas.
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans un contexte régional complexe. En 2024, la Cour internationale de justice a statué que l’occupation des territoires palestiniens par Israël était illégale et devait cesser immédiatement. De son côté, la loi israélienne ne délimite pas formellement les frontières du pays. L’État hébreu occupe le plateau du Golan en Syrie, annexé illégalement en 1981 — une souveraineté reconnue uniquement par les États-Unis depuis 2019. Plus récemment, à la suite de la guerre de 2024 avec le Hezbollah, l’armée israélienne a établi des avant-postes militaires à l’intérieur du Liban, tandis que certains responsables politiques, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, promettent ouvertement le concept d’un « Grand Israël » aux frontières. élargies.



