Politique

Le compte à rebours imposé par Donald Trump pousse le président iranien à clarifier sa position face aux États-Unis

Les tensions s’intensifient dans le Golfe sur fond de négociations nucléaires. Alors que Washington renforce massivement sa présence militaire dans la région, les récentes négociations n’ont pas encore abouti à un accord final. Dans ce climat incertain, les plus hautes autorités de Téhéran ont pris la parole pour réagir aux récentes déclarations américaines.

Selon des informations rapportées par Al Jazeera, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré samedi que son pays ne céderait pas aux pressions des États-Unis. S’exprimant lors d’une cérémonie honorant les athlètes paralympiques iraniens, il a déclaré : “Nous ne céderons pas devant ces difficultés. Les puissances mondiales s’alignent lâchement pour nous forcer à baisser la tête. ” Cette sortie intervient après que Donald Trump a évoqué la possibilité de frappes limitées pour imposer un accord sur le programme nucléaire de Téhéran.

Le président américain a clarifié sa pensée jeudi, affirmant que l’Iran disposait de “10, 15 jours au maximum” pour négocier, avertissant que “de mauvaises choses” se produiraient sans un accord significatif. Parallèlement, les États-Unis procèdent à un déploiement militaire décrit par les médias américains comme le plus important depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Plus de 120 avions ont été envoyés au Moyen-Orient, tandis que le porte-avions USS Gerald R Ford s’apprête à rejoindre le groupe de porte-avions USS Abraham Lincoln, déjà positionné en mer d’Oman.

Face à ce renforcement, l’Iran a adressé vendredi une lettre au Conseil de sécurité des Nations Unies. Le document souligne que ce déploiement ne doit pas être considéré comme « une simple rhétorique ». Téhéran assure qu’il ne cherche pas la guerre, tout en prévenant que toute agression américaine entraînerait une réponse « décisive et proportionnée ».

Sur le plan diplomatique, des discussions indirectes ont eu lieu ce mois-ci à Oman et en Suisse. Même si aucune avancée n’a été annoncée, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a indiqué vendredi qu’une solution diplomatique semblait à portée de main, avec la finalisation attendue d’un projet d’accord dans les prochains jours.

Cette situation ravive les souvenirs des négociations de l’année dernière, qui avaient échoué suite aux attaques israéliennes qui avaient déclenché un conflit de 12 jours. Les forces américaines ont ensuite bombardé trois sites nucléaires iraniens à Fordow, Natanz et Ispahan. Plus tôt cette année, Donald Trump avait déjà proféré des menaces militaires, auxquelles l’Iran a répondu en parlant de fermer le détroit d’Ormuz, un point de passage clé pour les exportations de pétrole des États arabes du Golfe.

A Téhéran, le correspondant d’Al Jazeera, Tohid Asadi, rapporte que la population observe la situation avec inquiétude, partagée entre la crainte d’un conflit ouvert et l’espoir d’une issue diplomatique. Conséquence directe de cette escalade verbale et militaire, la Suède, la Serbie, la Pologne et l’Australie ont officiellement conseillé à leurs ressortissants de quitter le territoire iranien.

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