Société, Culture

Les hydrocarbures et l’or propulsent les exportations à des niveaux historiques

Le Sénégal termine l’année 2025 sur une note commerciale remarquable. Portées par l’essor des exportations d’hydrocarbures et d’or, les performances du pays sur le front du commerce extérieur traduisent une transformation structurelle de son économie, confirmée par les dernières données publiées par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD).

Le mois de décembre 2025 restera comme un mois d’exception. Les exportations sénégalaises ont atteint 825,3 milliards de francs CFA, contre 323,6 milliards le mois précédent, soit une progression spectaculaire de 155 %. Une performance sans précédent qui illustre, des chiffres à l’appui, l’impact croissant des ressources naturelles sur la structure productive du pays. Trois produits ont tiré cette envolée. L’or non monétaire arrive en tête avec 206,8 milliards de francs CFA exportés, contre 95,9 milliards le mois précédent. Les huiles brutes de pétrole suivent avec 106,3 milliards, contre 45,5 milliards, tandis que les produits pétroliers raffinés s’établissent à 90,4 milliards, contre 49,7 milliards. À eux seuls, ces trois postes expliquent l’essentiel de la progression enregistrée. Quelques ombres viennent nuancer ce tableau : cependant les exportations de phosphates ont reculé à 2,2 milliards, contre 4,9 milliards le mois précédent, et celles de crustacés, mollusques et coquillages ont fléchi à 6,4 milliards, contre 8,4 milliards. Des baisses qui ont légèrement atténué l’ampleur de la progression globale, sans en altérer la dynamique.

En comparaison avec décembre 2024, la progression est tout aussi saisissante : +104,1 %, confirmant que la montée en puissance des exportations sénégalaises n’est pas un phénomène conjoncturel.

SUR L’ENSEMBLE DE 2025 : +51,8 % PAR RAPPORT À 2024

L’examen du cumul annuel confirme l’ampleur du tournant. À fin décembre 2025, les exportations totalisent 5 935,2 milliards de francs CFA, contre 3 909,1 milliards à la même période de 2024, soit une hausse de 51,8 %. Un lien considérable qui témoigne de la montée en régime progressif de la production pétrolière et gazière, lieu s’ajouter aux exportations traditionnelles de l’économie sénégalaise.

Les principaux clients du Sénégal au mois de décembre 2025 sont la Suisse (19,0 %), le premier débouché pour l’or, la Belgique (16,1 %), le Mali (9,9 %), l’Espagne (8,8 %) et le Royaume-Uni (7,0 %). Une géographie commerciale qui reflète à la fois les flux traditionnels vers l’Afrique de l’Ouest et l’attraction croissante des marchés européens pour les ressources extractives sénégalaises.

DES IMPORTATIONS EN RECUL : LA BALANCE COMMERCIALE SE REDRESSE

L’autre bonne nouvelle de ce mois de décembre tient au réponse des importations. Elles s’établissent à 544,8 milliards de francs CFA, contre 713,3 milliards en novembre 2025, soit une baisse de 23,6 %. Ce recul est principalement imputable à la forte diminution des achats de matériels de transport passés de 195,9 à seulement 7,3 milliards, ainsi qu’au réplique des importations de produits pharmaceutiques (17,6 milliards contre 23,9 milliards) et de sucres bruts et raffinés (4,0 milliards contre 14,5 milliards). Cette tendance à la baisse est toutefois atténuée par la hausse des importations de produits pétroliers raffinés, qui progressent à 105,5 milliards contre 77,0 milliards le mois précédent, et de métaux communs, en forte augmentation à 45,0 milliards contre 18,6 milliards. Des achats qui impliquent probablement les besoins des chantiers industriels en cours sur le territoire national. Comparées à décembre 2024, les importations reculent de 24,6 %. Sur l’ensemble de l’année 2025, leur cumul s’établit à 7 279,1 milliards, contre 7 161,4 milliards en 2024, soit une progression contenue de 1,6 % signe d’une maîtrise relative de la facture des importations.

UNE BALANCE COMMERCIALE EN NETTE AMÉLIORATION

La conjonction d’exportations en forte hausse et d’importations en réplique produit mécaniquement un effet positif sur la balance commerciale du mois de décembre 2025. Le déficit commercial se réduit significativement, à 280,5 milliards de francs CFA une substantiellement par rapport aux mois précédents, et le signe le plus tangible que la nouvelle donne énergétique commence à modifier en profondeur les équilibres extérieurs du Sénégal. Ces résultats confortent les projections des autorités, qui tablent sur une poursuite de cette dynamique sur mesure que la production d’hydrocarbures monte en puissance. Reste à transformer cet élan en diversification durable, afin de ne pas faire reposer la prospérité commerciale du pays sur la seule variante des marchés de l’or et du pétrole.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button