Société, Culture

Quelles sont ces questions sensibles qui attendent Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale ?

Le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu ce mardi à l’Assemblée nationale du Sénégal pour une séance de questions d’actualité au Gouvernement. Il s’agit de la deuxième session de ce type au cours de l’actuelle session ordinaire unique. Cette comparaison s’inscrit dans le cadre des dispositions du Règlement intérieur de l’institution parlementaire, qui prévoit l’interpellation périodique de l’exécutif par les députés. Selon la communication gouvernementale, cette démarche traduite une volonté de renforcer la transparence, le dialogue institutionnel et la reddition des comptes devant la représentation nationale.

Contrairement à la séance précédente, l’opposition parlementaire a annoncé sa participation. Le contexte socio-politique, marqué par plusieurs controverses, laisse présager des échanges soutenus. Parmi les sujets susceptibles d’être abordés figure la question de la criminalisation de l’homosexualité. Alors dans l’opposition, le parti au pouvoir avait évoqué l’éventualité d’une criminalisation. Toutefois, à l’issue du dernier Conseil des ministres, le Gouvernement a annoncé un projet de loi visant plutôt à durcir les peines existantes, sans aller jusqu’à une criminalisation formelle. Cette orientation a suscité des réactions critiques au sein de certains segments de l’opinion, notamment d’organisations religieuses.

Cette question intervient également dans un contexte judiciaire particulier, alors que la gendarmerie mène des enquêtes présentées comme le démantèlement d’un réseau accusé de transmission volontaire du VIH/Sida. Les autorités n’ont pas communiqué de manière exhaustive sur ce dossier, mais il alimente le débat public et pourrait être évoqué par les députés.

Autre sujet sensible : les affrontements survenus récemment à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui ont conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. lors d’incidents impliquant des forces de l’ordre et des étudiants. À la suite de ces événements, le Premier ministre a mis en cause l’opposition, l’accusant d’être en arrière-plan des mouvements de grève. Les députés concernés pourraient profiter de cette séance pour répondre à ces accusations et interpeller le Gouvernement sur la gestion du maintien de l’ordre dans les espaces universitaires.

Les débats pourraient également porter sur les libertés publiques et le fonctionnement de la justice. L’audience en flagrant délit de l’activiste Abdou Nguer, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, a été renvoyée au mois de mars, une décision contestée par ses avocats. Ces derniers ont annoncé leur intention de saisir le bâtonnier de l’Ordre des avocats pour dénoncer ce qu’ils qualifient de manquements aux droits de la défense.

Malgré ces fronts ouverts, le chef du Gouvernement aborde cette séance dans un contexte parlementaire largement favorable. La majorité présidentielle dispose de 130 députés sur 135 à l’Assemblée nationale, un rapport de forces qui limite les risques d’incident institutionnel. Toutefois, les séances précédentes ont montré que les échanges peuvent être vifs, à l’image de la passe d’armes ayant opposé le Premier ministre au député Thierno Alassane Sall lors d’une session précédente.

Si l’issue institutionnelle de la séance ne fait pratiquement aucun doute au sujet de la configuration de l’hémicycle, le rendez-vous de ce mardi devrait constituer un moment politique important, au regard des questions sensibles inscrites à l’agenda et du climat national dans lequel il intervient.

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