le secteur privé sénégalais en offensive pour un repositionnement stratégique

Au lendemain d’un constat américain sur le recul de la présence institutionnelle du Sénégal, l’heure est à la contre-offensive. Sous l’impulsion de Serigne Mboup, président de l’Union des Chambres de Commerce, une coalition de structures résilientes, de collectivités territoriales et d’interprofessions dessine les contours d’un nouveau modèle de participation axé sur la performance et le partenariat public-privé.
Une synergie d’acteurs orientée vers les résultats
Malgré un contexte difficile, le « bloc de la détermination » reste mobilisé au Parc des Expositions. Des structures majeures telles que la SAED, le Port autonome de Dakar, la CNAAS, la LBA, l’ITA et le FONGIP, ainsi que plusieurs collectivités territoriales, continuant de porter haut le drapeau du Sénégal.
Profitant de la présence du directeur général de l’ASEPEX, Modou Mbène Guèye, le président de l’UNCCIAS l’a exhorté à reprendre l’accompagnement des opérateurs économiques dans l’organisation de ce grand rendez-vous. Il lui a également demandé d’être le témoin privilégié de l’importance du SIA auprès des autorités du pays.
Serigne Mboup a tenu une séance de travail franche et direct avec ces acteurs, ainsi qu’avec les représentants des interprofessions (maïs, manioc, niébé, riz, tomate et oignon). L’objectif est clair : rompre avec la figuration pour adopter une stratégie de repositionnement strictement orientée vers les résultats. Pour ces structures, chaque mètre carré du stand doit désormais se traduire par des investissements concrets et des contrats d’exportation.
L’inspiration ivoirienne : le modèle des interprofessions
Dans une démarche d’humilité stratégique, la délégation sénégalaise a effectué une visite prolongée du pavillon de la Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur cette année. Serigne Mboup et les directeurs de structures se sont particulièrement attardés auprès du Conseil du Café-Cacao, du Conseil du Coton et de l’Anacarde, ainsi que des acteurs de l’hévéa.
« Nous devons nous inspirer de la synergie parfaite entre les institutions gouvernementales et le secteur privé ivoirien », a souligné Serigne Mboup.
Ce modèle, où les interprofessions jouent un rôle moteur dans le développement des filières, constitue désormais une priorité pour le Sénégal. De retour au stand national, des discussions ont été engagées avec les éleveurs et les exposants afin de lever les verrous logistiques et financiers qui freinent encore les champions locaux.
Un agenda diplomatique et scientifique dense
La journée du mardi s’annonce capitale pour concrétiser cette nouvelle dynamique. Plusieurs rendez-vous stratégiques sont déjà programmés :
• Recherche et développement : rencontres avec le CIRAD et l’AFD pour discuter de nouveaux programmes de recherche agricole et de financements verts.
• Diplomatie économique : visite officielle de l’ambassadeur du Sénégal en France afin de renforcer l’appui institutionnel aux exposants.
• Networking continental : rencontres bilatérales avec la délégation de l’Éthiopie et sessions de « matchmaking » avec des investisseurs internationaux à la Maison de l’Afrique.
Le Sénégal semble ainsi décidé de transformer la crise actuelle de visibilité en une opportunité de refonte profonde de son modèle agricole à l’international.



