Ziguinchor – Viol présumé et pédophilie : un agent commercial face à de lourdes accusations contre un enfant de 13 ans… dix ans requis

La ville deZiguinchora retenu son souffle vendredi dernier. Devant la Chambre criminelle du tribunal de Ziguinchor, un homme de 30 ans, M. Mbaye, agent commercial et vendeur pour un opérateur téléphonique, a comparu pour des délits de la plus haute gravité : viol, pédophilie et acte contre nature sur un garçon de 13 ans. Un procès suivi avec une vive attention de l’opinion locale, tant les accusations suscitèrent indignation et étonnement.
Selon L’Observateur, l’affaire remonte à décembre 2021. Une mère de famille, E. Sagna, s’est alors rendue au commissariat central pour dénoncer les agissements d’un homme qu’elle connaît sous le prénom de « Jean-Pierre ». Elle accuse cette dernière d’avoir abusé sexuellement de son fils, AG Mendy, surnommé Junior, à deux reprises.
L’histoire effrayante de la victime
Entendu par les enquêteurs, le garçon livre un récit précis et émouvant. La première agression aurait eu lieu sous un prétexte banal : l’accusé l’aurait envoyé dans la chambre de sa sœur pour allumer la lumière, avant de l’y rejoindre, de le jeter sur le lit et de le maltraiter. Après les faits, l’enfant aurait reçu 75 francs CFA, accompagnés de menaces destinées à le faire taire.
La deuxième agression aurait eu lieu alors que l’enfant faisait une sieste dans la chambre de sa mère. L’homme aurait récidivé, laissant des marques visibles sur les cuisses de la victime et sur le drap, avant d’être interrompu au dernier moment, rapporte L’Observateur.
Preuves médicales et aveux contestés
Un certificat médical versé au dossier confirme des blessures anales compatibles avec un frottement par un objet solide, renforçant la crédibilité des dires de la victime. Lors de l’enquête préliminaire, M. Mbaye a reconnu les faits, évoquant frictions et éjaculation, tout en niant toute pénétration. Il est allé jusqu’à affirmer que l’enfant était consentant – une déclaration qui a choqué les personnes présentes.
Mais à l’audience, revirement spectaculaire. L’accusé clame désormais son innocence et dénonce un complot. « J’ai été torturé par la police, je n’ai jamais signé de procès-verbal », raconte-t-il, selon L’Observateur. Il va plus loin en accusant la mère de la victime de lui avoir fait des avances et de lui reprocher un comportement qu’elle considérait comme « féminin ».
Des témoins accablants
Deux témoins clés ont été entendus par le tribunal. L’un prétend avoir surpris Jean-Pierre en flagrant délit, dans la chambre de la mère, alors qu’il venait de jouir sur l’enfant. L’autre témoigne que l’accusé lui a reconnu les faits et s’est excusé. Des éléments qui, pour l’accusation, consolident un dossier déjà lourd.
Le procureur Doudou Ndiaye a requis dix ans de réclusion criminelle, rappelant la gravité exceptionnelle des faits et la cohérence des accusations, tout en soulignant que l’accusé avait déjà avoué au cours de l’enquête. Il a également insisté sur le durcissement des lois réprimant les actes contre nature, une nuance retenue dans ce dossier, rapporte L’Observateur.
La défense plaide le doute
Face à ces réquisitions sévères, la défense, conduite par Me Djiby Diagne, a plaidé l’acquittement pur et simple. L’avocat a dénoncé une procédure fragile, des témoignages qu’il juge peu crédibles et a invoqué le principe fondamental selon lequel le doute doit profiter à l’accusé.
A l’issue des débats, la Chambre criminelle du tribunal de Ziguinchor a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 8 avril 2026.


