Société, Culture

Guédiawaye, nuit de chaos et verdict ferme : un an derrière les barreaux pour le bourreau des policiers

Une opération antidrogue a failli virer au drame absolu àGuédiawaye. Dans la nuit du 14 au 15 février, une descente policière a mené à Darou Missette s’est soldée par deux policiers grièvement blessés à coups de machette, plongeant le quartier dans une atmosphère de violence extrême. Hier, le Tribunal de Pikine-Guédiawaye a rendu son verdict, mettant un terme judiciaire à une affaire qui a profondément marqué les esprits.
 
Selon L’Observateur, tout commence aux alentours de 2 heures du matin, lorsque les éléments de la Brigade de recherches du commissariat deYeumbeul-Comicoinvestissent le secteur dans le cadre d’une opération ciblant un réseau de dealers accusé d’empoisonner le quartier. Deux individus sont rapidement interceptés près de la mosquée. La fouille permet la saisie d’un cornet de chanvre indien, puis de 37 autres soigneusement dissimulés dans l’enceinte du lieu de culte.
 
Une intervention qui dégénère
 
Fortes de cette découverte, les forces de l’ordre décident de perdurer jusqu’au domicile d’un présumé dealer surnommé « Gora ». Mais l’irruption des policiers avec le feu aux poudres. En quelques minutes, le voisinage s’embrase. Des individus surgissent de l’obscurité, armés de machettes et de pierres. L’assaut est brutal.
 
Au cœur de la mêlée, un homme se distingue par sa violence, rapporte L’Observateur. M. Dasouza (30 ans), surgissant du premier étage, machette à la main, se rue sur les policiers. L’agent LS Coly encaisse les premiers coups : blessures graves à la tête et aux côtes, 15 jours d’incapacité totale de travail. Dans la confusion, sa sacoche, son téléphone et des documents disparaissent. Son collègue, A. Seck, est touché à la jambe.
 
Il faudra l’intervention des renforts de la Brigade de recherches deKeur Massarpour rétablir un semblant d’ordre. La perquisition qui s’ensuit conduit à la saisie de deux machettes, une pompe à gaz, deux motos Jakarta et deux téléviseurs.
 
Devant le juge, des versions irréconciliables
 
Hier, six prévenus ont comparu devant le tribunal : M. Dasouza, O. Dioh, MB Lam, K. Dioh, M. Dioh et MC Ndiaye, dont deux sœurs issues de la même famille. À la barre, les versions divergentes.
 
M. Dasouza reconnaît la bagarre mais se présente comme un protecteur. « J’ai été réveillé par des crises. J’ai vu ma mère bousculée par un homme en civil. J’ai voulu filmer, puis j’ai pris une machette », se justifie-t-il, selon L’Observateur. Les autres prévenus clament leur innocence. L’un affirme n’avoir fait que porter secours à un blessé, tandis que les deux sœurs évoquent des malaises après l’usage de gaz lacrymogène. Seul MC Ndiaye admet la détention d’un cornet de chanvre pour le personnel d’usage.
 
Le verdict tombe
 
Le Procureur avait requis deux ans de prison ferme contre l’ensemble des prévenus pour association de malfaiteurs, offre de drogue, vol en réunion, rébellion et coups et blessures. La défense, elle, a dénoncé une « kyrielle d’infractions plaquées artificiellement », suggérant que les véritables dealers seraient toujours en fuite.
 
Le tribunal a finalement été tranché. M. Dasouza, relaxé des chefs de vol et d’association de malfaiteurs, a été condamné à deux ans de prison, dont une an ferme. MC Ndiaye écope d’un mois ferme pour détention de chanvre indien. Les autres prévenus ont été détendus, rapporte L’Observateur.


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