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La parole aux savoirs | SènePlus

C’est moins l’actualité qui est condamnable que cette grande intolérance qui nous habite. Surtout qu’elle surfe sur des nerfs tendus et des positions figées. Condamnons nette cette transmission volontaire du Vih avec la dernière énergie. Dénonçons également tous ceux qui s’y adonnent, transgressant ainsi les règles de bienséance dans une société, mais dont certains sont mus par cette volonté de prendre une revanche sur la société qui n’est nullement responsable de leur contamination.

Encore qu’il est difficile d’établir une transmission volontaire. S’il ya de quoi s’inquiéter, avec stupeur d’ailleurs, sur cette affaire de contamination dont on ne saurait pour le moment mesurer l’ampleur et la portée, il ya également à condamner cette conduite à la guillotine de toutes ces personnes qui seraient porteuses du sida. Du plus célèbre au moins anonyme, l’on s’en donne à cœur joie, semblant oublier que tout le monde se connait dans ce Sénégal, mais surtout la notion de vie privée doit garder tout son sens. La plupart des personnes rétorqueront, comme c’est déjà le cas, que ceux-là qui mettent en danger la vie des gens ne méritent nullement l’anonymat. Nous plongeons ainsi dans des dédales d’où il serait difficile de sortir. Une chose est sûre : nous ne devons pas hurler avec les loups. La parole doit être donnée aux experts, aux spécialistes sans dénier aux populations l’expression pour la sauvegarde de la communauté. Le tohu-bohu qui a fini de s’installer pourrait saper tous les efforts du Sénégal consentis en matière de lutte contre le sida et qui lui ont toujours valu des témoignages positifs.

Le tableau fait état de 47.000 personnes qui vivent avec le Vih, dont un peu moins de 3.000 enfants sur les 18 millions de Sénégalais, selon les estimations du Comité national de lutte contre le sida (Cnls). Ce qui renseigne amplement sur la faiblesse et même le déclin du sida depuis 2005. Ce qui caractérise le Sénégal donc, c’est la faible prévalence dans la population générale et la prévalence qui est élevée dans des groupes qui sont des groupes à haut risque, selon le secrétaire exécutif du Cnls. Elle a nous expliqué que c’est les groupes d’hommes qui ont des relations avec des hommes, des femmes travailleuses du sexe et des consommateurs de drogue qui sont à haut risque. La prévalence est donc extrêmement élevée chez les groupes à risque : 27% chez les hommes qui ont des relations avec les hommes, 6% chez les prostituées, les femmes travailleuses du sexe et 5% chez les consommateurs de drogue. Nous avons également au Sénégal des zones qui sont particulièrement vulnérables.

Elle soulignait également que pour avoir trois personnes qui vivent avec le Vih, il faut dépister 1000 personnes. Ainsi, loin de se réjouir de ce tableau satisfaisant, il nous éclaire sur des statistiques fiables sur lesquelles il serait plus légitime de se fonder pour mieux organiser la riposte contre ceux qui transmettent le sida. Le droit à l’information ne donne pas droit à vilipender. Les enquêteurs, de concert avec les experts et spécialistes, peuvent remonter les filières d’homosexuels et de contamination pour que la loi s’applique dans toute sa rigueur contre les fautifs.

La science nous apprend également qu’il existe des personnes intersexuées, les termes d’hermaphrodisme ou de pseudo-hermaphrodisme sont passés de mode puisque n’étant pas des termes médicaux pour exprimer l’intersexuation. Ces personnes intersexes naissent avec des caractères sexuels qui ne correspondent pas aux définitions traditionnelles du sexe masculin ou du sexe féminin. Ce terme médical définit les personnes dont les caractéristiques sexuelles n’entrent pas dans l’une des deux cas « normales » typiques : féminin et masculin. « Il s’agit d’une notion très large qui va des personnes qui ont une perturbation hormonale modérée à des personnes qui naissent avec des cellules XY et des cellules XX », explique un spécialiste.

Les causes de cette intersexuation, encore mal connues, sont multifactorielles : génétiques, raisons environnementales comme les polluants organiques, les pesticides, les métaux lourds… Et très souvent, ces personnes sont infertiles. Le pas est vite franchi chez nous de condamner ces personnes intersexuées. Et des savants religieux acceptent et renseignent sur des prédispositions faisant de certaines personnes des homosexuels nonobstant la condamnation de cette orientation par l’Islam. Il est évident qu’une généralisation de l’homosexualité condamnerait l’humanité à une non-perpétuation. Mais gardons-nous de toujours jeter en pâture ou juger des gens que nous ne connaissons pas et dont nous ignorons tout.

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