la réponse formulée par les talibans après les frappes sur Kaboul

La tension militaire atteint un seuil critique entre Islamabad et Kaboul. Suite aux bombardements pakistanais d’une ampleur inédite sur plusieurs grandes villes afghanes depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, le ministre pakistanais de la Défense a évoqué une situation de conflit généralisé. Face à cette offensive, les autorités afghanes ont officiellement défini leur ligne d’action.
Les opérations militaires se sont intensifiées ces derniers jours des deux côtés de la frontière. Les forces pakistanaises ont mené des frappes sur la capitale afghane, Kaboul, ainsi que sur Kandahar, Paktia, Paktika, Khost et Laghman. Ces raids font suite à des attaques de drones afghans visant des positions militaires dans le nord-ouest du Pakistan, elles-mêmes lancées en représailles aux précédentes frappes pakistanaises. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a constaté cette escalade sur le réseau social »
Malgré cette déclaration martiale, le gouvernement taliban a opté pour la voie diplomatique. Zabihullah Mujahid, porte-parole de l’administration afghane, a annoncé que les dirigeants talibans étaient prêts à négocier avec le Pakistan pour mettre fin aux hostilités. “L’Émirat islamique d’Afghanistan a toujours essayé de résoudre ses problèmes par le dialogue, et aujourd’hui encore, nous voulons résoudre ce problème par le dialogue”, a-t-il déclaré.
Sur le terrain, le bilan humain fait l’objet d’affirmations contradictoires qui n’ont pas encore pu être vérifiées de manière indépendante, précise la chaîne Al Jazeera. L’armée pakistanaise avance un bilan de 274 membres des forces afghanes et combattants affiliés tués, contre 12 soldats pakistanais morts et un disparu. Des chiffres catégoriquement rejetés par Kaboul, qui les qualifie de faux. Les autorités afghanes affirment de leur côté que 55 soldats pakistanais sont morts, que plusieurs autres ont été capturés et déplorent la mort de 19 civils afghans lors des frappes sur Khost et Paktika.
Cette détérioration des relations bilatérales trouve son origine dans les accusations récurrentes d’Islamabad, qui accuse l’Afghanistan d’abriter sur son sol des combattants talibans pakistanais, une allégation que dément Kaboul. La ligne Durand, frontière de 2 575 kilomètres reconnue internationalement mais contestée par l’Afghanistan, reste le théâtre principal de ces affrontements continus, qui avaient déjà fait plus de 70 morts en octobre dernier.
Toutefois, une guerre à grande échelle se heurterait à des obstacles structurels. Abdul Sayed, un analyste cité par Al Jazeera, souligne que les liens profonds entre les populations tribales des deux côtés de la frontière limitent la capacité d’Islamabad à supporter le coût humain d’un conflit prolongé. Face à cette instabilité régionale, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la Russie, l’Iran et l’Irak, ont formellement appelé à l’arrêt immédiat des combats.



