L’APR réagit à la déclaration d’Ousmane Sonko devant les députés

(SénéPlus) – Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance pour la République (APR) a rompu le silence à la suite de la déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, le 24 février 2026. Dans une déclaration, le parti de l’ancien président Macky Sall dénonce ce qu’il qualifie d’innombrables faiblesses et de dérives autoritaires. Avant d’entrer dans le vif du débat politique, l’instance dirigeante de l’APR a tenu à exprimer sa solidarité indéfectible envers le camarade Moussa Bocar Thiam, dénonçant des accusations qu’elle juge sans fondement et purement calomnieuses.
Le premier volet de cette charge porte sur la réforme législative touchant à l’homosexualité. L’APR fustige ce qu’elle appelle une « manipulation et une hypocrisie politique » de la part du chef du gouvernement. Le parti rappelle la posture de fermeté de Macky Sall face aux dirigeants mondiaux, contrastant avec le revirement stratégique d’Ousmane Sonko. Selon l’opposition, le projet de loi actuelle, loin de durcir les sanctions, constituerait en réalité une « protection déguisée des personnes LGBTQ ». L’APR s’alarme particulièrement de l’introduction d’amendements pour les dénonciations communautaires, y voyant une volonté de museler les citoyens et une « première au silence » accordée à des pratiques réprouvées par la majorité de la société sénégalaise.
Sur le terrain des libertés publiques et de la liberté de la presse, le ton est tout aussi offensif. L’APR juge inacceptables les menaces d’emprisonnement proférées par le Premier ministre contre les journalistes qui publiaient des informations liées à la santé publique dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Pour le parti, « affirmer que celui qui publie le bulletin de santé d’un présumé délinquant ira directement en prison est une intimidation inacceptable » qui bafoue l’indépendance de la justice. Le Secrétariat exécutif souligne au passage l’incohérence morale du Premier ministre, lui rappelant qu’ayant été lui-même impliqué dans la diffusion de documents sensibles par le passé, il n’a aucune légitimité pour donner des leçons d’éthique républicaine ou de confidentialité.
La diplomatie et l’économie rurale ne sont pas épargnées par ce bilan critique. L’APR voit dans l’incapacité du gouvernement à faire libérer les 18 partisans sénégalais détenus au Maroc un « cuisant aveu d’échec » illustrant une diplomatie devenue inefficace. Concernant la campagne arachidière, le parti conteste les chiffres records avancés à l’hémicycle. Il décrit une réalité rurale dramatique où des milliers de cultivateurs se récupèrent sans points de collecte, obligés de stocker leur production ou de brader d’autres céréales pour survivre. Face à ce qu’il nomme un désastre économique, l’APR exige l’abandon de la langue de bois et la mise en place immédiate d’un plan d’urgence pour l’écoulement des récoltes.
Enfin, la crise universitaire et le front social occupent une place centrale dans ce réquisitoire. Le parti condamne fermement l’approche sécuritaire du Premier ministre à l’Université, notamment l’idée de créer un commissariat au sein du campus après la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. L’APR qualifie d’irresponsabilité accablante les propositions d’Ousmane Sonko affirmant que « si c’était à refaire, il le référait » concernant l’usage de la force. Ce climat de tension est exacerbé par le sentiment de trahison des enseignants qui, malgré les promesses de revalorisation, subissent des responsabilités salariales importantes. Pour l’Alliance pour la République, le pays est face à un gouvernement qui gouverne par « l’esbroufe et la menace », appelant ainsi toutes les forces vives à se mobiliser pour défendre les acquis démocratiques du Sénégal.



