des multiples conséquences dans de nombreux pays

À Karachi au Pakistan, une mégapole d’environ 20 millions d’habitants dans le sud du pays, des centaines de jeunes protestataires ont tenté de prendre d’assaut le consulat des États-Unis, a constaté un journaliste de l’AFP. Après cette attaque, « nous avons transporté au moins huit corps aux hôpitaux civils de Karachi, tandis que vingt autres personnes ont été blessées lors de l’incident au consulat », a déclaré Muhammad Amin, porte-parole du service de secours de la Fondation Edhi, à l’agence de presse française. Une faute a escaladé le portail principal et pénétré dans l’allée menant au bâtiment consulaire, brisant plusieurs vitres. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants, qui se sont cependant dispersés, a constaté le journaliste de l’AFP.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient de jeunes gens brisant les vitres du bâtiment principal du consulat, tandis que le drapeau américain flottait au-dessus de l’enceinte, dont le mur est renforcé par des fils barbelés. « Nous devons rester unis. Aucun pouvoir ne peut nous arrêter », lance un manifestant dans une vidéo. « Nous mettons le feu au consulat américain à Karachi. Si Dieu le veut, nous vengeons la mort de notre chef », lance un autre manifestant alors qu’il filme d’autres personnes qui tentent d’allumer un feu. Des milliers de personnes sont également descendues dans les rues de Lahore, dans l’est du Pakistan et à Skardu dans le nord, et une manifestation était attendue dans l’après-midi de ce 1er mars près de l’enclave diplomatique où se trouve l’ambassade des États-Unis dans la capitale, Islamabad.
Attaque sur la zone sécurisée de Bagdad
En Irak, où un deuil national de trois jours a été décrété, des centaines d’Irakiens, dont beaucoup vêtus de noir, ont tenté de prendre d’assaut la zone ultra-sécurisée hébergeant l’ambassade américaine à Bagdad en dépit d’un important déploiement de forces de sécurité. « Le martyre de Sayyed Ali Khamenei nous a blessés », a déclaré à l’AFP Ali, un manifestant portant un masque. « Nous sommes ici parce que nous voulons le retrait des forces d’occupation américaines d’Irak », at-il ajouté, en référence aux troupes de la coalition menées par les États-Unis contre le groupe État islamique, qui ont récemment diminué leur présence et sont désormais principalement stationnées dans le nord du pays.
Les manifestants, rassemblés depuis le début de la matinée, ont lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont répondu par des gaz lacrymogènes. « Leurs tentatives ont jusqu’à présent été mises en échec, mais ils continuent d’essayer » de percer le cordon des forces de sécurité, a déclaré à l’AFP une source sécuritaire. Les médias locaux ont fait état d’autres manifestations dans des provinces du sud de l’Irak.
Tôt, ce dimanche 1er mars, de fortes explosions ont été entendues près de l’aéroport d’Erbil, qui accueille des troupes de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis dans la région autonome du Kurdistan irakien, a rapporté un journaliste de l’AFP qui a remarqué une épaisse fumée noire s’élevant de la zone de l’aéroport. Peu après, un petit groupe pro-iranien a revendiqué des attaques de drones contre des soldats américains à Erbil.
Dans le Cachemire, une région administrée par l’Inde, des milliers de musulmans chiites ont rejoint des cortèges pour pleurer la mort du guide suprême iranien. Ceux-ci ont convergé vers le cœur de Srinagar, la principale ville de la région. De nombreux manifestants ont lancé des slogans anti-israéliens et anti-américains lors de ce rassemblement, pour l’essentiel pacifique. « Nous avons tous le cœur lourd. Nous pleurons notre bien-aimé guide qui est mort en martyr », dit à l’AFP Syed Towfeeq, 40 ans. « Nous avons tous un message pour (le président américain Donald) Trump. Nous nous opposerons toujours à votre oppression », a-t-il ajouté. Par ailleurs, un autre participant, Ishfaq Wani, 43 ans, exhorte, lui, les pays musulmans à s’unir « derrière un (seul) drapeau ». D’autres rassemblements se sont tenus dans des endroits du territoire indien à forte majorité chiite.
« Make Iran Great Again », la phrase, qui fait écho au slogan trumpiste, s’affiche fièrement sur le T-shirt d’un homme de la diaspora iranienne qui danse de joie dans une rue de Los Angeles aux États-Unis, samedi 28 février, après l’annonce par Donald Trump de la mort du guide suprême Ali Khamenei. Drapeaux d’avant la République islamique agitée, musique qui résonne, certains en pleurs, d’autres au téléphone: dans la mégapole californienne qui compte la plus importante diaspora iranienne du monde, ils sont des dizaines à célébrer l’événement historique – confirmé quelques heures plus tard à la télévision d’État iranien, par un présentateur en sanglots. Près de 200 000 Irano-Américains vivent dans la région de Los Angeles, ce qui fait de la mégapole californienne la principale antenne de la diaspora dans le monde. À Atlanta, dans le sud-est des États-Unis, d’autres de ses membres se sont rassemblés à la nouvelle des frappes américaines-israéliennes.
Plusieurs personnes ont attaqué un centre culturel iranien dans la capitale de l’Équateur, Quito, faisant un blessé et des dégâts, a annoncé, samedi 28 février, la police, dans un contexte de frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. « C’est un acte d’agression », a déclaré la police dans un communiqué. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des personnes arborant des drapeaux israéliens, américains et de l’opposition iranienne près du bâtiment. Des personnes à bord de plusieurs véhicules sont arrivées au centre culturel iranien avant de s’en prendre au centre culturel avec des bâtons, des pierres et des gaz lacrymogènes, selon les autorités. Des personnes présentes dans le centre étaient en train de prier à l’occasion du ramadan.
Enfin, la Confédération asiatique de football (AFC) a annoncé le rapport de tous les matchs des coupes d’Asie prévus les 1er et 2 mars au Moyen-Orient, dont la Ligue des champions, en raison des frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. La rencontre phare de Ligue des champions entre le géant saoudien Al-Ahli et le club qatari Al-Duhail, match aller des huitièmes de finale, devait notamment avoir lieu ce dimanche, selon le calendrier de l’AFC. La décision de reprogrammer les rencontres concerne les trois principales compétitions de clubs de l’AFC, la Ligue des champions Élite, la Ligue des Champions 2 et la Challenge League, indiquées par l’AFC, basée en Malaisie.



