l’obstacle historique qui se dresse sur le chemin du candidat le plus influent pour remplacer Khamenei

La disparition du guide suprême de la révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, tué à l’âge de 86 ans lors de frappes aériennes israélo-américaines, plonge Téhéran dans une phase de transition inédite depuis près de quatre décennies. Alors que le pays se prépare à une éventuelle riposte, les plus hautes autorités religieuses et politiques s’organisent pour désigner la personnalité qui prendra les rênes de l’État.
Selon l’article 111 de la Constitution iranienne, une vacance du pouvoir au sommet entraîne la formation d’un conseil provisoire. Ce triumvirat, composé du président Masoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Ejei et d’un dignitaire du Conseil des gardiens, est chargé d’assurer la continuité de l’État. Ali Larijani, ancien proche conseiller du défunt, a confirmé que ce processus de transition a déjà commencé.
Ces frappes interviennent alors que la diplomatie iranienne prépare un nouveau cycle de pourparlers pour éviter un conflit armé ouvert. Le président américain Donald Trump a mis en garde contre toute attaque de représailles de la part de Téhéran. Interviewé par Al Jazeera, Luciano Zaccara, chercheur à l’Université du Qatar, souligne que le système politique iranien s’était préparé à cette éventualité. Les structures de commandement restent intactes, l’ayatollah Khamenei ayant prévu le remplacement de plusieurs hauts responsables. L’attaque a également coûté la vie à son conseiller à la sécurité Ali Shamkani et au commandant en chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour.
Le choix du prochain Guide suprême revient à l’Assemblée des experts, un organe composé de 88 dignitaires religieux élus au suffrage universel tous les huit ans. Leurs candidatures sont préalablement validées par le Conseil des Gardiens. Pour être élu à la majorité simple, le candidat doit démontrer une maîtrise approfondie de la jurisprudence chiite, ainsi que de solides capacités administratives et politiques. Ce poste confère le statut de commandant en chef des forces armées et l’autorité finale sur les grandes décisions du pays.
Plusieurs figures se démarquent pour cette succession. Mojtaba Khamenei, le deuxième fils du défunt, jouit d’une influence considérable au sein de l’administration et des Gardiens de la révolution. Son ascension se heurte cependant à un obstacle strict : la transmission héréditaire du pouvoir est rejetée en Iran depuis le renversement de la monarchie Pahlavi en 1979, en opposition au principe de succession de père en fils que partageait l’ayatollah Khamenei lui-même.
D’autres noms circulent au sein de l’appareil d’État. Alireza Arafi, 67 ans, vice-président de l’Assemblée des experts et figure centrale de la ville sainte de Qom, a été nommé pour rejoindre le conseil de direction provisoire. Le camp ultra-conservateur compte sur Mohammad Mehdi Mirbagheri, membre de l’Assemblée des experts et connu pour ses positions résolument anti-occidentales. Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, actuel chef de la justice et ancien ministre des renseignements, représente également la ligne dure du régime.
Enfin, le profil de Hassan Khomeini, 54 ans, petit-fils du fondateur de la République islamique, est évoqué dans les discussions. Considéré comme un réformateur modéré, il n’a pour l’instant exercé aucune fonction publique majeure et avait vu sa candidature à l’Assemblée des experts invalidée en 2016 par le conseil de sélection.

