Momar Talla Ndao annonce une nouvelle stratégie pour résorber le déficit de logements

(SénéPlus) – Invité de l’émission « Point de Vue » sur la RTS ce dimanche 1er mars 2026, Momar Talla Ndao, Secrétaire d’État au Logement, a décliné la nouvelle feuille de route du gouvernement pour résorber un déficit criant de 500 000 unités. Entre critique acerbe de l’héritage de Macky Sall et promesse de « solutions agiles », l’heure est à la restructuration profonde.
Le constat est sans appel. Le projet phare des « 100 000 logements » de l’ancien régime n’a pas tenu ses promesses. C’est avec cette lucidité que Momar Talla Ndao a ouvert le débat, pointant du doigt une « mauvaise gouvernance » et un manque de planification. Sur les 100 000 unités annoncées, seules 1 500 auraient été réalisées, dont à peine la moitié sont réellement habitables.
Pour pallier ces manquements, le Secrétaire d’État met sur une approche décentralisée : les « Cités de la Transformation ». L’objectif est de développer 18 cités pilotes de 5 hectares dans tous les pôles territoires du pays, afin de fixer les populations et de répondre aux besoins spécifiques des régions (pôles universitaires, agropoles).
Face à la crise du foncier, souvent source de conflits, M. Ndao prône une gestion rigoureuse et planifiée, notamment autour de la nouvelle ville de Thiès et du site de Daga Kholpa. L’idée est de passer d’une simple construction de maisons à un véritable projet de développement urbain intégré.
Cibler l’informel et le logement locatif
L’un des défis majeurs reste l’accès au logement pour la majorité des Sénégalais évoluant dans le secteur informel, souvent exclus du circuit bancaire classique. Le Secrétaire d’État propose la « location-vente » comme levier principal.
« Les ménages qui sont en train de payer leur localisation, si vous leur proposez d’accéder à la propriété à travers la location vente, cela leur permet de répondre à cette difficulté d’accès au crédit bancaire », a-t-il affirmé, soulignant qu’un travail de structuration est en cours avec la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS).
Interrogé sur la cherté de la vie et l’échec des baisses de loyer décrétées par le passé, Momar Talla Ndao estime que les solutions conjoncturelles ne suffisent plus. Pour lui, la régulation passe impérativement par l’augmentation de l’offre.
« Le premier facteur de la régulation du marché du logement, c’est la production. Il faut produire le logement », martèle-t-il.
Il a également annoncé la mise en place prochaine d’un Observatoire du Logement pour maîtriser les statistiques du marché et assurer un contrôle effectif des prix, car, selon ses termes : « Une loi, si elle n’est pas appliquée, elle n’a aucun sens ».
Entre contraintes budgétaires et attentes sociales
Au-delà du logement, le responsable politique de Pastef a profité de la tribune pour défendre le bilan de l’an 1 du gouvernement face aux grèves dans l’enseignement et aux critiques sur l’endettement. Il appelle les Sénégalais à « faire bloc » autour d’un processus de transformation qui s’inscrit dans le temps long.
« Nous n’avons pas obtenu de cette situation [favorable] parce que nous avons hérité d’une dette extrêmement lourde. […] Nous ne disons pas que nous allons changer le Sénégal en un mandat, c’est une dynamique progressiste », at-il conclu, fixant 2026 comme l’année des premières livraisons massives de logements.
Entre urgence sociale et impératifs de transparence budgétaire, le Secrétariat d’État au Logement joue gros. Les Sénégalais, eux, attendent de voir si ces « cités de la transformation » sortiront enfin de terre à l’échelle promise.



