Macky Sall « prête serment » pour sa candidature au poste de Secrétaire Général

Dans une tribune présentant sa candidature au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Macky Sall expose une vision structurée autour d’un objectif central : « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur ». L’ancien président sénégalais y défend une réforme ambitieuse de l’ONU, qu’il juge indispensable face aux défis systémiques du XXIe siècle.
Macky Sall estime que « le monde traverse aujourd’hui une crise profonde, marquée par la persistance et l’escalade des conflits, l’émergence de nouveaux périls de tous ordres et une conjoncture économique particulièrement difficile ». Il souligne que cette situation est « aggravée par le poids de la dette pour de nombreux pays en développement ».
Selon lui, l’Organisation des Nations Unies, « dont le rôle est de maintenir la paix, la sécurité et de favoriser le développement », se trouve confrontée à « une défiance croissante, à un manque d’efficacité et à un risque d’affaiblissement sans précédent ». Pourtant, insiste-t-il, « l’Organisation mondiale reste le cadre universel indispensable de dialogue et d’action collective pour apporter des solutions concertées à nos défis communs ».
Il considère toutefois que pour continuer à porter ses distinctives fondatrices, l’ONU « doit être réformée, rationalisée et modernisée ».
Une candidature portée par l’expérience
Dans sa tribune, Macky Sall affirme soumettre sa candidature « avec humilité et un sens élevé des responsabilités », se disant « pleinement consciente des exigences et des qualités que requiert la fonction de Secrétaire général des Nations Unies ».
Il met en avant « quatre décennies de gestion des affaires publiques, dont douze années comme Président de la République », ainsi que son expérience en tant que président en exercice de l’Union africaine et du NEPAD. Sa vision, explique-t-il, « repose sur cette longue expérience de gestion des affaires publiques, de la base au sommet de l’État, mais également sur une contribution active aux plans sous-régionaux, régionaux et mondiaux, dans une approche fondée sur l’écoute, le dialogue et le pragmatisme ».
Son objectif stratégique consiste à « travailler en étroite collaboration avec les États membres pour restaurer la confiance dans le multilatéralisme », en préservant « son unité, sa capacité d’action, son autorité morale, sa crédibilité et son efficacité ».
Premier pilier : paix, sécurité et développement indissociables
Macky Sall affirme que « la paix, la sécurité et le développement restent essentiellement liés et se renforcent mutuellement ». Il estime que « le fondement d’une prospérité mondiale repose sur un agenda qui place la paix au premier plan, axé sur la compréhension, la désescalade et un soutien neutre à la collaboration entre tous les États membres ».
Il entend promouvoir « une approche solidaire, fondée sur la confiance en matière de gestion des crises », complétée par « des efforts soutenus pour la prévention et le renforcement des initiatives et mécanismes d’alerte précoce ». Ces actions devraient s’accompagner d’« un dialogue permanent et fécond entre le Secrétariat général et le Conseil de sécurité », ainsi que d’« une coordination renforcée avec les organisations régionales ».
Il insiste également sur la nécessité d’« assurer une meilleure synergie entre les opérations de paix et les actions des agences de développement et des organismes humanitaires », afin de « rationaliser les interventions sur le terrain, éviter les doublons et accroître l’impact global des actions ».
Macky Sall souligne que « la paix et la sécurité ne peuvent être assurées durablement lorsque les fondements du développement sont minés par la pauvreté, les inégalités, l’exclusion et la vulnérabilité climatique ». Il reconnaît que « la solidarité multilatérale mérite d’être reconnue pour ce qu’elle a permis de réaliser », tout en appelant à « de nouveaux efforts pour assurer la soutenabilité de la dette ». Face à des besoins croissants, il s’engage à « promouvoir davantage l’investissement et le commerce afin de favoriser des partenariats porteurs de croissance et de prospérité partagée ».
Deuxième pilier : rénover le multilatéralisme
Selon lui, « face aux risques de fragmentation engendrés par la dynamique d’un monde multipolaire, un multilatéralisme revitalisé reste le meilleur cadre de concertation et d’action ». Il note que certains défis anciens se présentent désormais « de manière plus complexe et plus prégnante », tandis que d’autres, comme « les menaces sanitaires transfrontalières et le progrès fulgurant des technologies, dont l’intelligence artificielle », exigent une adaptation rapide.
Il affirme que « la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, leur autonomisation et le soutien à la jeunesse doivent rester au cœur de l’agenda international ».
Concernant la réforme institutionnelle, il déclare : « Je travaillerai à une réforme réaliste et consensuelle du Conseil de sécurité, qui renforcera sa représentativité et sa légitimité, tout en préservant sa capacité d’action et son efficacité. » Il souhaite également « redynamiser l’Assemblée générale, rationaliser son agenda et renforcer le rôle de coordination du Conseil économique et social ».
Troisième pilier : renforcer la gouvernance
Macky Sall estime que « le renforcement de la gouvernance de l’Organisation est une condition essentielle pour maintenir la confiance entre les États membres et le Secrétariat général ». Il affirme que son action sera guidée par trois exigences : « rationaliser, simplifier, optimiser ».
Il souhaite « promouvoir une gestion transparente, pour un Secrétariat efficace, efficient et responsable », fondée sur « la rationalisation des structures et des mandats, la cohérence des actions et une meilleure utilisation des ressources ». Cela suppose également « un financement plus prévisible et durable » et « une modernisation des méthodes de travail ».
In fine, Macky Sall propose « un leadership fondé sur l’expérience et le pragmatisme, le respect de la souveraineté des États et une gestion prévisible, disciplinée et orientée vers les résultats ». Il affirme vouloir travailler pour « une Organisation des Nations Unies qui assure la paix et la sécurité, utilise ses ressources avec sagesse et produit des résultats que les gouvernements peuvent défendre devant leurs citoyens ». « Le moment est venu d’agir avec clarté, courage et discipline pour faire mieux avec moins et réaliser le plein potentiel de l’Organisation », conclut-il, estimant que c’est ainsi que l’ONU « restera pertinente » et « gagnera en confiance ».



