le principal argument avancé par Donald Trump formellement démenti par l’AIEA.

L’administration américaine a lancé une vaste campagne militaire contre l’Iran, baptisée « Opération Epic Fury ». À mesure que les frappes s’intensifient des deux côtés, le bilan humain s’alourdit rapidement et plonge le Moyen-Orient dans une nouvelle phase d’instabilité majeure.
Les conséquences de cette escalade sont déjà largement quantifiées. Selon le Croissant-Rouge iranien, au moins 787 personnes ont perdu la vie en Iran. L’incident le plus meurtrier s’est produit dans la ville de Minab, dans le sud-est du pays, où une grève a touché une école primaire de filles, tuant au moins 165 élèves.
Du côté américain, les pertes s’élèvent à six soldats tués et 18 blessés. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré qu’un projectile avait réussi à percer les systèmes de défense aérienne pour toucher un centre d’opérations tactiques. Bien que le Pentagone n’ait pas officiellement dévoilé le lieu exact de ces pertes, des rapports indiquent que ces pertes ont eu lieu au Koweït.
Sur le plan diplomatique et politique, les justifications avancées par l’administration de Donald Trump présentent des divergences. Le président américain et son vice-président, JD Vance, ont déclaré que l’objectif principal était d’éliminer définitivement le programme nucléaire iranien. Cependant, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a récemment déclaré qu’elle n’avait aucune preuve de l’existence d’un programme d’armes nucléaires en Iran.
L’argument de la défense préventive a également été avancé, mais avec des versions contradictoires. Le secrétaire d’État Marco Rubio a soutenu que les États-Unis avaient agi pour empêcher une frappe israélienne imminente contre l’Iran, afin de limiter les pertes américaines. Une version rapidement contredite par Donald Trump lui-même, qui a déclaré aux médias qu’il avait ordonné l’attaque parce qu’il pensait que Téhéran se préparait à frapper le premier. Par ailleurs, Washington affiche sa volonté de démanteler les réseaux de soutien à des groupes tels que le Hezbollah, les Houthis et le Hamas.
Juridiquement, la décision a été prise sans déclaration formelle de guerre de la part du Congrès, prérogative inscrite dans la Constitution américaine. Donald Trump s’est appuyé sur son statut de commandant en chef pour invoquer une mesure d’urgence, en informant le Congrès dans le délai de 48 heures imposé par la résolution sur les puissances de guerre de 1973. Il a qualifié la menace iranienne d’« intenable », même si le sultanat d’Oman, médiateur en la matière, a indiqué que les deux parties étaient proches d’un accord diplomatique avant les premiers coups de feu.
L’hypothèse d’une escalade impliquant des troupes terrestres n’a pas été écartée par le président américain, qui a déclaré qu’il ne « dirait jamais jamais ». Toutefois, des experts interrogés par Al Jazeera soulignent qu’une invasion terrestre de l’Iran, pays trois à quatre fois plus grand que l’Irak, nécessiterait des ressources colossales. L’opération serait nettement plus complexe et coûteuse que la campagne irakienne de 2003, qui avait nécessité le déploiement de plus de 150 000 soldats américains au plus fort de l’insurrection.
La poursuite de cette campagne militaire dépendra de trois facteurs identifiés par les analystes d’Al Jazeera : les ressources militaires, le financement et la volonté politique. Les réserves de missiles et de munitions de précision n’étant pas inépuisables, leur maintien nécessitera des contrats de réapprovisionnement actif avec le Pentagone. En outre, les législateurs américains conservent la possibilité de bloquer la poursuite des opérations en adoptant une résolution, même si l’étroite majorité républicaine au Congrès rend cette perspective incertaine.


