Politique

L’Europe mobilise sa flotte mais un État membre s’oppose à Donald Trump

L’Union européenne affiche son soutien aux pays du Golfe face à la multiplication des attaques de missiles et de drones iraniens. Au-delà des déclarations diplomatiques faites ce jeudi à Bruxelles, le conflit entraîne désormais les puissances européennes sur le terrain militaire, avec des déploiements en Méditerranée et des divergences sur le soutien logistique à apporter aux forces américaines.

La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, ainsi que plusieurs dirigeants européens ont rencontré des responsables du Conseil de coopération du Golfe (CCG) dans la capitale belge. Dans une déclaration commune, les ministres ont fermement dénoncé les attaques de Téhéran contre les pays du CCG, exigeant leur cessation immédiate tout en réaffirmant le droit des États du Golfe à prendre les mesures nécessaires pour défendre leurs territoires. Selon les informations rapportées par le correspondant d’Al Jazeera présent à Bruxelles, le message transmis par l’Europe est celui d’une volonté d’aider ses alliés, tout en privilégiant une solution négociée pour favoriser la désescalade.

Cette réunion se déroule dans un climat de détérioration rapide de la sécurité. La région est sous le choc des récentes attaques israélo-américaines contre l’Iran, qui ont fait au moins 1 230 morts depuis samedi selon les médias d’État iraniens. Parallèlement à la campagne militaire élargie d’Israël au Liban, les États-Unis ont coulé mercredi une frégate iranienne dans les eaux internationales, tuant des dizaines de personnes à bord. En réponse, l’Iran maintient son feu vers le Qatar, Bahreïn et le Koweït. Les frappes iraniennes ciblent progressivement les infrastructures énergétiques, ravivant les craintes d’une perturbation majeure des marchés énergétiques mondiaux.

Face à l’ampleur du conflit, plusieurs pays européens renforcent leur dispositif militaire. La France et le Royaume-Uni ont annoncé mercredi l’envoi de navires de guerre et de systèmes de défense aérienne à Chypre. Cette mobilisation fait suite au ciblage, en début de semaine, d’une base de la Royal Air Force britannique située sur l’île méditerranéenne par un drone de fabrication iranienne. Jeudi, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a confirmé l’envoi prochain de moyens navals à Chypre, une initiative à laquelle se sont joints les Pays-Bas et l’Espagne. L’Italie envisage également de fournir des systèmes de défense aérienne à ses alliés du Golfe.

Toutefois, l’implication logistique auprès des forces américaines ne fait pas l’unanimité sur le continent européen. Si le Royaume-Uni, la Grèce et le Portugal ont accepté d’autoriser l’armée américaine à utiliser leurs bases sous certaines conditions pour la poursuite des opérations, l’Espagne a proposé un refus catégorique. Cette décision de Madrid a directement suscité l’ire du président américain Donald Trump, marquant une rupture dans l’alignement stratégique attendu par Washington.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button