Société, Culture

Lewis Hamilton appelle l’Afrique à “reprendre le contrôle” aux puissances coloniales

(SénéPlus) – À Melbourne, à quelques heures du premier Grand Prix de la saison, Lewis Hamilton a surpris l’assistance en tenant des propositions politiques inhabituellement directes pour un pilote de Formule 1. Selon The Telegraph, via un article publié le 5 mars 2026 et signé par le correspondant sportif Tom Cary, le pilote de 41 ans a déclaré que le continent africain devait “s’unir et reprendre [l’Afrique] aux Français, aux Espagnols, aux Portugais et aux Britanniques”.

Interrogé par un journaliste sud-africain sur un éventuel retour de la F1 en Afrique — le dernier Grand Prix s’y est tenu en 1993 à Kyalami —, Hamilton a saisi l’occasion pour dénoncer l’exploitation des ressources africaines par les puissances étrangères. “Je pense que c’est la plus belle partie du monde, et je n’aime pas que le reste du monde en possède une si grande partie et en prend tant sans que personne n’en parle”, a-t-il affirmé selon le quotidien britannique.

Le pilote Ferrari a poursuivi en lançant un appel direct aux dirigeants du continent : “J’espère vraiment que les personnes qui dirigent ces différents pays vont tous s’unir et se rassembler pour reprendre l’Afrique. C’est ce que je veux voir. La reprendre aux Français, la reprendre aux Espagnols, la reprendre aux Portugais et aux Britanniques.”

Ces déclarations interviennent alors que Hamilton, qui se décrit lui-même comme “à moitié africain”, multiplie depuis plusieurs années les voyages sur le continent pour renouer avec ses origines. Le pilote a révélé avoir des racines au Togo et au Bénin, et avoir visité ce dernier pays l’année dernière, ainsi que le Sénégal et le Nigeria.

“C’est quelque chose dont je suis vraiment, vraiment fier. Je suis vraiment fier de cette partie du monde”, a-t-il confié selon Tom Cary.

Sur son compte Instagram, Hamilton a notamment documenté sa visite à l’île de Gorée au Sénégal, haut lieu de la traite négrière. “C’était tellement lourd. Vous ne pouvez même pas imaginer les horreurs auxquelles ont été confrontées les personnes qui ont été arrachées à leur terre natale et vendues pendant des centaines d’années”, avait-il écrit, rapporte The Telegraph.

Une critique frontale du néocolonialisme

Le septuple champion du monde a également réaffirmé sa détermination à voir la Formule 1 retourner en Afrique avant la fin de sa carrière. Selon Tom Cary, Hamilton a déclaré : “Je ne veux pas quitter ce sport sans qu’il y ait un Grand Prix là-bas, sans avoir couru là-bas, donc je les poursuis : ‘Quand est-ce que ça va arriver ?’ Ils fixent certaines dates. Je me dis : ‘Bon sang, je pourrais manquer de temps…’ Donc je vais rester là un moment, jusqu’à ce que ça arrive, parce que ce serait incroyable, étant donné que je suis à moitié africain.”

The Telegraph rapporte que le pilote a cité le Kenya, le Rwanda et l’Afrique du Sud comme destinations potentielles, décrivant le Rwanda comme “spectaculaire” et affirmant avoir trouvé au Kenya et au Rwanda “deux endroits où je sentais que je pourrais vivre”.

Les propositions de Hamilton vont au-delà du simple plaidoyer sportif. Le pilote a déclaré ce qu’il perçoit comme une perpétuation du contrôle colonial sur les ressources africaines. “C’est tellement important pour l’avenir de ce continent. Ils ont toutes les ressources pour être l’endroit le plus grand et le plus puissant au monde, et c’est probablement pourquoi ils sont contrôlés de la manière dont ils le sont”, at-il déclaré selon The Telegraph, avant d’ajouter un laconique “Mais de toute façon, passez à autre chose” (“Mais bon, passons à autre chose”).

Ces déclarations politiques tranchent avec la prudence habituelle des pilotes de F1 sur les sujets géopolitiques sensibles. Entamant sa 20e saison dans la discipline, Hamilton semble déterminé à utiliser sa notoriété pour porter un message qui dépasse le cadre strictement sportif, quitte à provoquer la controverse dans son pays natal, le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale qu’il cite clairement dans sa critique.

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