La décision importante de l’État du Sénégal pour les universités privées

L’État du Sénégal poursuit ses efforts pour consolider ses relations financières avec les établissements d’enseignement supérieur privés. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) a annoncé la mobilisation de 7 milliards de francs CFA afin de réduire la dette accumulée envers ces établissements, estimée à 16 milliards de francs CFA.
Cette annonce a été faite à l’occasion de la deuxième édition de la réunion annuelle d’échange d’informations entre le ministère et les acteurs du secteur privé de l’enseignement supérieur, tenue mercredi à Dakar. Selon Édouard Tineles nouvelles autorités ont hérité d’une responsabilité financière importante vis-à-vis des établissements privés. “C’est une dette importante que nous avons constatée au niveau ministériel. Grâce à la volonté politique du Président de la République, du Premier ministre et du ministre de l’Enseignement supérieur, une partie de cette dette a déjà été réglée”, a-t-il déclaré.
Selon lui, 3 milliards de francs CFA ont été versés l’année dernière à des institutions privées. Pour l’année budgétaire en cours, 4 milliards supplémentaires sont prévus dans la loi de finances initiale 2026, afin de poursuivre l’apurement de cette dette. Ces efforts financiers traduisent la volonté du gouvernement de stabiliser les relations entre l’Etat et les établissements privés qui participent à l’accueil d’une part importante des étudiants sénégalais.
Au-delà de la question financière, les autorités insistent sur le rôle stratégique du secteur privé dans le système universitaire national. Selon les responsables du ministère, ces établissements contribuent de manière significative à absorber la croissance rapide du nombre d’étudiants. Le secrétaire exécutif duAutorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (Anaq-Sup), Massamba Dioufa rappelé que les universités et instituts privés accueillent près de 33% des quelque 300 000 étudiants orientés vers l’enseignement supérieur au Sénégal.
Pour lui, un dialogue permanent entre l’Etat et les établissements privés reste indispensable pour améliorer la qualité des formations. « Sans consultation, il ne peut y avoir ni convergence ni transformation », a-t-il souligné. Les responsables de l’assurance qualité estiment que les établissements privés fonctionnent de manière satisfaisante dans les procédures d’évaluation académique. Selon les données présentées lors de la réunion, le taux d’acceptation pour l’accréditation des établissements a atteint 73%, tandis que celui pour l’accréditation des programmes s’est élevé à 74%. Ces performances sont considérées par les autorités comme conformes aux normes reconnues par l’État sénégalais et reflètent, selon le ministère, les efforts entrepris pour améliorer la qualité de l’offre de formation.
Au-delà de la gestion de la dette, la réunion annuelle vise également à harmoniser les procédures d’autorisation et d’accréditation des programmes. Les autorités souhaitent renforcer la crédibilité des diplômes délivrés et améliorer l’attractivité du système universitaire national. Pour les responsables du secteur, l’ambition est de faire du Sénégal un pôle régional de l’enseignement supérieur en Afrique francophone, capable d’attirer les étudiants de la sous-région.
Présidant l’ouverture de la réunion, le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Daouda Ngoma rappelé que le développement du secteur s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de transformation économique. Il a souligné que la politique publique en matière d’enseignement supérieur est alignée sur le programme stratégique Vision Sénégal 2050. Selon le ministre, cette vision vise à construire une économie souveraine, juste et prospère, en faisant de la formation du capital humain un levier central du développement. Dans cette perspective, le gouvernement entend renforcer le partenariat public-privé dans l’enseignement supérieur, afin d’adapter la formation aux besoins du marché du travail, soutenir l’entrepreneuriat et améliorer l’employabilité des diplômés.



