surtaxes sur les marchandises vers l’Afrique

Les majorations décidées par MSC sur les cargos, applicables depuis le 5 mars et jusqu’à nouvel ordre, visent à compenser « l’évolution de la situation sécuritaire au Moyen-Orient », qui impacte la circulation des navires dans deux des passages maritimes les plus stratégiques au monde. Les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb ont récemment été le théâtre d’attaques et d’affrontements liés aux tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis.
Les perturbations ont conduit les compagnies maritimes à modifier leurs itinéraires, à augmenter les primes d’assurance et à appliquer des frais supplémentaires liés aux risques.
« En conséquence, MSC Mediterranean Shipping Company appliquera un supplément de « guerre » d’urgence pour toutes les cargaisons en provenance du sous-continent indien (Inde, Pakistan, Sri Lanka, Bangladesh) vers l’Afrique de l’Est, la Somalie, le Mozambique et les îles de l’océan Indien », a indiqué la compagnie.
De même, les cargaisons expédiées depuis la péninsule arabique (Bahreïn, Irak, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) vers l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique du Sud, le Mozambique et les îles de l’océan Indien seront également soumises à une surtaxe pour risque de guerre (WAR).
Plus précisément, MSC facture 500 $ par EVP (unité équivalente vingt pieds) pour les conteneurs secs et 1 000 $ par EVP pour les conteneurs réfrigérés du sous-continent indien vers l’Afrique de l’Est, la Somalie, le Mozambique et les îles de l’océan Indien. Pour les cargaisons en provenance des pays du Golfe, les suppléments sont de 2 000 $ pour les conteneurs de 20 pieds, de 3 000 $ pour les conteneurs de 40 pieds et de 4 000 $ pour les conteneurs frigorifiques.
L’entreprise souligne qu’elle suit de près la situation et coordonne ses actions avec les autorités afin de garantir la sécurité des opérations. Les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb sont des artères maritimes vitales reliant le Moyen-Orient à l’Asie, à l’Afrique et à l’Europe. Ormuz assure une part importante du trafic pétrolier mondial, tandis que Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien.
Ces zones sont devenues des points chauds en raison des tensions géopolitiques croissantes, avec des attaques contre des navires commerciaux, des frappes de drones et des opérations militaires obligeant les compagnies à ralentir, modifier ou suspendre certaines routes. Ces perturbations ont entraîné une augmentation des coûts mondiaux de transport et d’assurance.
Les nouvelles surtaxes surviennent alors que plusieurs pays africains connaissent déjà une flambée des prix du carburant, amplifiée par la volatilité des marchés mondiaux de l’énergie.
Au Nigeria, le litre d’essence atteint jusqu’à 933 nairas à Lagos et près de 960 nairas à Abuja, suite aux ajustements à la raffinerie de Dangote et à la pression internationale. En Afrique du Sud, le gouvernement a augmenté les prix des carburants le 4 mars : 93 l’essence a augmenté de 20 cents le litre, le diesel jusqu’à 65 cents. Au Zimbabwe, l’Autorité de régulation de l’énergie a fixé le prix du diesel à 1,77 dollars le litre et celui de l’essence sans plomb à 1,71 dollars, contre 1,45 et 1,47 dollars auparavant.
Les économistes préviennent que ces surtaxes risquent d’aggraver les tensions sur les marchés africains, d’augmenter le coût des marchandises importées et d’affaiblir davantage des marchés déjà instables.
Apanews


