Société, Culture

sur 895 coopératives agricoles, les 120 dirigées par ce groupe précis affichent les meilleures performances

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, qui coïncide avec l’Année internationale de la femme agricultrice 2026, la situation du secteur agricole libanais a été détaillée depuis Beyrouth. Lors d’un entretien accordé à l’agence Anadolu, Gloria Abouzeid, directrice générale des coopératives au ministère libanais de l’Agriculture, a dressé un état des lieux marqués par les conflits, les crises économiques et une dynamique inattendue au sein des structures de production.

Sur les 895 coopératives officiellement sauvegardées au Liban, 120 sont classées comme féminines, comptant au moins 80 % de femmes parmi leurs membres. Selon les données communiquées par la direction générale, ces structures spécifiques s’avèrent être les plus performantes du pays. L’administration souligne l’émergence d’un leadership féminin actif sur les marchés, soutenu par une législation nationale exempte de discrimination de genre dans ce domaine. L’appui familial accompagne cette dynamique, y compris dans les zones conservatrices, permettant à plus de 14 500 agricultrices d’être recensées dans le registre national, sur un total de 70 000 professionnels du secteur.

Cette organisation de production fait actuellement face à une destruction massive dans le sud du pays et dans la vallée de la Bekaa. Les bombardements israéliens ont provoqué l’exode des populations rurales, rendant l’accès aux terres et aux fermes impossible. La directrice générale indique à Anadolu que de nombreuses agricoles ont perdu l’intégralité de leurs exploitations. Les premiers constats font état d’arbres arrachés ou brûlés, ainsi que d’une pollution des sols et des eaux générées par les explosifs, nécessitant des budgets de réhabilitation considérables.

Au-delà du conflit armé, le secteur subit les conséquences de la crise financière amoureuse en 2019 et d’un déficit énergétique structurel, l’électricité n’étant disponible que trois heures par jour dans certaines localités. Pour rationaliser les ressources face au coût élevé des entrants, l’administration libanaise a entamé une restructuration profonde. Les coopératives fictives, créées par le passé uniquement pour capter des financements, sont en cours de dissolution stricte afin d’assainir le secteur.

Malgré ces crises successives, la pandémie de COVID-19 a provoqué un retour vers les zones rurales, poussant de nombreux jeunes et femmes à cultiver les parcelles disponibles. Cependant, un obstacle juridique majeur persiste : l’accès à la propriété foncière. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), moins de 10 % des terres agricoles libanaises sont détenues par des femmes, les coutumes locales entravant souvent leur droit à l’héritage. Face à cette restriction, la localisation de terres et l’exploitation collective via le modèle coopératif constituant les principales alternatives retenues par ces agricultrices pour maintenir et développer leur activité.

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