À la découverte du « new deal » chez les jeunes filles leaders de Saré Moussa Ndour…

Pour ce 08 mars, nous avons choisi d’aller à la découverte du club des jeunes filles leaders du village de Saré Moussa Ndour de la commune de Saré Bidji.
Ainsi, le « new deal » ou la déconstruction du complexe joue un rôle prépondérant dans leur quête de sensibilisation sur des sujets tabous en milieu rural comme l’abandon de l’excision, les VBG et l’émancipation de la femme.
C’est dans ce contexte que nous avons opté, en cette journée internationale de la femme, pour une immixtion dans la vie du club de ces braves jeunes filles, futures mères de demain. Dans ce sillage, ces efforts entrent aussi dans le cadre de l’abandon total aussi des mutilations génitales féminines d’ici 2030 et le maintien des filles à l’école.
Taibou Diao, présidente du club estime que les débuts ont été difficiles dans ce milieu ancré dans les préjugés. Mais, grâce aux formations reçues, les filles ont pu aborder les questions avec responsabilité.
À en croire Taibou Diao, « nous avons un club de 60 membres qui s’active dans divers domaines, notamment la sensibilisation sur les MGF et la protection de l’enfant. Avec les formations reçues, on peut aujourd’hui communiquer facilement avec nos parents sur ces questions jadis taboues. Dans cette lancée, nous organisons des causeries sur les mariages d’enfants, les grossesses précoces et les mutilations génitales féminines. D’ailleurs, je suis une survivante de l’excision, donc je suis à l’aise pour faire la promotion de son abandon. C’est pourquoi, j’ai décidé de ne pas exciser ma fille dans le futur car connaissant les conséquences néfastes. »
Le club de jeunes filles leaders de Saré Moussa Ndour est doté d’un bâtiment équipé de machines à coudre pour la fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables. Et ces serviettes sont destinées aux filles issues de canapés vulnérables pour éviter toute tentation pouvant nuire à leur éducation. Ainsi, ses membres sont formés en transformation des produits locaux, en couture, en leadership et développement personnel pour éclore leur potentiel.
Diouly Mballo âgée de 19 ans est une des membres en classe de terminale et présidente d’organisation du club. Dans la foulée, elle précise : « le 08 mars est une journée spéciale pour nous. Ainsi, elle marque notre émancipation et nos droits avec une vie équitable. » D’ailleurs, elle soutient : « c’est un jour pour dénoncer toutes les injustices subies par les femmes comme l’excision. C’est pourquoi, notre club va continuer le travail sans relâche pour l’abandon des mutilations génitales féminines et l’autonomisation des femmes dans mon village et environs… »
Et les clubs accueillent des filles scolarisées et non scolarisées pour donner la chance à toutes en s’adossant sur des techniques de communication pour déconstruire le complexe. Et l’impact a permis, aujourd’hui, d’améliorer la communication entre parents et filles. Mais encore, cela a conduit au recul des grossesses et mariages précoces, à l’abandon des mutilations génitales féminines, à la réduction des violences physiques et mentales. D’ailleurs, à travers les clubs, la chaîne des questions taboues a été brisée comme la sexualité, l’abandon des MGF dans la communauté villageoise.
Pour Astou Combé Sylla, paire éducatrice au CCA et chargée de suivi évaluation des clubs de jeunes filles, « les clubs de jeunes filles sont constitués de jeunes filles âgées de 10 à 24 ans en ayant comme règle l’abstinence jusqu’au mariage. Elles mènent des sensibilisations sur les violences basées sur le genre, les mutilations génitales féminines et des activités génératrices de revenus. En plus de cela, elles sont formées en santé de la reproduction, sur les mariages et grossesses précoces, sur l’hygiène menstruelle, sur le leadership et développement personnel et l’autonomisation. »
Les clubs de jeunes filles participent avec l’approche communautaire à sensibiliser les parents sur l’excision ou l’émancipation de la femme dans ce milieu souvent hostile ou patriarcal…



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