Société, Culture

Le pétrole flambé à plus de 100 dollars, les Bourses d’Asie dévissent

Le baril de pétrole a flambé lundi et essentiellement tutoyé les 120 dollars, une envolée historique provoquée par la prolongation de la guerre conflit au Moyen-Orient et le blocage persistant du détroit d’Ormuz, et qui a fait dévisser les Bourses en Asie.
Flambée du pétrole, le blocage d’Ormuz panique
Vers 06H30 GMT, le baril du West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s’envolait de 15,51%, à 104,96 dollars. Plus tôt dans les échanges asiatiques, il avait flambé de 30% à 119,48 dollars.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gonflait de 17,42% à 108,82 dollars, après avoir dépassé 119 dollars.
Depuis le début de l’offensive américaine-israélienne contre l’Iran, le WTI s’est apprécié de quelque 60%, du jamais vu sur une période aussi courte.
Même l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu’à 130,50 dollars début mars 2022, n’avait pas provoqué de mouvements aussi violents.
Au dixième jour de la guerre, les marchés de l’énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production de pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde, reste quasi-paralysé.
Et le conflit continue d’avoir de larges répercussions dans la région : l’Arabie saoudite a encore intercepté lundi deux drones qui se dirigeaient vers le gisement de pétrole de Shaybah, dans le sud-est du pays, déjà attaqué la veille, tandis qu’une frappe iranienne a provoqué un incendie dans un complexe pétrolier de Bahreïn.
“Les perturbations de l’approvisionnement s’intensifient, les données de suivi des navires confirmant l’arrêt du trafic maritime”, observe Lloyd Chan, de la banque MUFG, parlant de “choc pétrolier”.
“Les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak ont ​​réduit leur production de pétrole, l’Irak annonce à lui seul une baisse d’environ 3 millions de barils/jour”, insiste-t-il.
Aux Etats-Unis, où le prix du carburant est un sujet sensible, le président Donald Trump a cependant souligné dimanche soir que la flambée du pétrole était un “tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde”.
Vendredi, l’Agence américaine de développement DFC a annoncé la mise en place d’un mécanisme de réassurance pour faciliter la couverture des risques liés au passage du détroit d’Ormuz, jusqu’à 20 milliards de dollars.
Les ministres des Finances du G7 doivent par ailleurs se réunir en visioconférence lundi, et selon le Financial Times, ils pourraient discuter d’un éventuel recours coordonné à leurs réserves pétrolières stratégiques respectives.
L’information contribuait à la modération de l’envolée du brut en fin d’échanges asiatiques.
Les craintes économiques font dévisser les Bourses
Dans la foulée de l’envolée spectaculaire du pétrole, les Bourses d’Asie ont décroché de concert.
A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé en réponse de 5,19% à 52.728,72 points. A Séoul, l’indice Kospi a fini en chute de 5,96%.
Taipei a lâché 4,43%, Sydney 2,85% et l’indice hongkongais Hang Seng abandonnait 1,49% vers 06H30 GMT.
“Une hausse significative et durable des prix du pétrole mettra à rude épreuve les régions importatrices d’énergie, notamment l’Europe et l’Asie” entraînant “une augmentation des prix à la consommation et des coûts de production à l’échelle mondiale”, de quoi peser sur l’investissement et entraîner des resserrements monétaires, commentent les analystes de Moody’s.
L’Asie est particulièrement exposée : la Corée du Sud est le quatrième plus gros importateur de brut, et son économie repose sur une industrie technologique très énergivore. le Japon est le cinquième plus gros pays importateur de pétrole brut.
“Le Japon et la Corée sont des moteurs industriels géants qui fonctionnent au pétrole importé. Lorsque le prix du brut flambe, il se répercute directement sur les entreprises”, confirme Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Dollar soutenu, l’or se ternit
Devise jugée sûre sur le marché des changes et monnaie dans lequel se négocie le pétrole, le dollar grimpait de 0,48% à 158,55 yens.
L’or, en revanche, voyait son éclat terni malgré son statut de valeur-refuge : il cédait 1,32% à 5.104 dollars l’once.
“Cela semble paradoxal. En réalité, c’est un signe classique de liquidation” : dans des marchés en panique, les investisseurs “vendent ce qu’ils peuvent et l’or est l’un des actifs les plus liquides au monde”, souligne Stephen Innes.
La vente d’or permet de “couvrir leurs pertes ailleurs”, notamment “pour répondre aux appels de marge liés à la flambée des prix du pétrole et à la débâcle boursière”, explique-t-il.


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