l’exigence catégorique formulée par Donald Trump pour mettre fin aux hostilités

Entrée dans la deuxième semaine, l’offensive militaire a conduit les États-Unis et Israël contre l’Iran à déjà profondément redessiné le paysage sécuritaire de la région. Alors que les frappes s’intensifient, l’objectif final de l’administration américaine se précise à travers les récentes déclarations de Donald Trump, oscillant entre volonté d’effondrement institutionnel et recherche d’un accord de reddition.
Le bilan matériel et humain de cette première décennie de conflit est lourd. Les forces américaines ont mené près de 2 000 frappes ciblant des infrastructures nucléaires, des raffineries de pétrole et des zones civiles. Selon les données rapportées par Al Jazeera, plus de 1 200 Iraniens ont perdu la vie, dont plus de 160 enfants, tandis que sept soldats américains ont été tués. En riposte, Téhéran a lancé des centaines de missiles et de drones vers Israël et les pays du Golfe abritant des bases américaines.
L’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, le 28 février dernier, constituait le point d’orgue de cette stratégie. Bien que le terme de « changement de régime » ne soit pas officiellement employé par Washington, les experts consultés par Al Jazeera estiment que l’administration Trump misait sur une capitulation immédiate et un soulèvement populaire. Cependant, les institutions de la République islamique n’ont pas montré de signes de fracture. Le choix de Mojtaba Khamenei, 56 ans, de succéder à son père à la tête du pays illustre cette continuité de l’appareil d’État, soutenu par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Face à cette résilience, le président américain a durci le ton. Rejetant catégoriquement la nomination de Mojtaba Khamenei, Donald Trump a exigé, via sa plateforme Truth Social, une reddition inconditionnelle de l’Iran. Il a également affirmé vouloir peser directement sur le choix des futurs dirigeants du pays, écartant au passage l’option d’un retour de Reza Pahlavi, le fils de l’ancien Shah exilé aux États-Unis. Des appels directs à la reddition ont été lancés aux diplomates iraniens et aux membres du CGRI, qui les ont publiquement rejetés.
Sur le plan strictement militaire, la destruction des capacités balistiques et navales iraniennes reste une priorité pour Washington et Tel-Aviv, qui affirment désormais contrôler l’espace aérien iranien. Toutefois, l’hypothèse d’une invasion terrestre impliquant des troupes américaines est jugée hautement improbable par les analystes diffusés par Al Jazeera. Élu sur un programme anti-guerre, Donald Trump ferait face à un risque politique majeur en cas d’engagement comparable aux conflits en Irak ou en Afghanistan. L’utilisation de milices kurdes a également été envisagée, mais cette option risquerait de provoquer une crise diplomatique majeure avec la Turquie.
De son côté, Israël perçoit ce conflit comme une opportunité de remodeler durablement le Moyen-Orient après les événements du 7 octobre 2023, en neutralisant toute menace potentielle. Pour les États-Unis, l’issue la plus pragmatique, selon les chercheurs en études de sécurité, résiderait dans un accord coercitif : contraindre Téhéran à des concessions majeures sur son programme nucléaire et balistique sous la pression des bombardements, permettant ainsi à Donald Trump de déclarer victoire sans engager de forces au sol.



