Comme un avion sans ailes, Air « Farce » One !

« Qu’est-ce que le héros tragique ? C’est un être particulièrement résigné à la cohabitation avec toutes les formes et tous les monstres de la fatalité. » Qasimodo
Platon, dans La République, nous enseigne que la Démocratie ne choisit jamais le meilleur dirigeant, mais toujours le meilleur mystificateur. Elle ne récompense pas la sagesse, elle récompense la persuasion. Il nous dit que l’homme qui comprend la réalité perd toujours face à celui qui sait manipuler la perception. En somme, les honnêtes perdents face aux charmeurs et les disciplinés face aux théâtraux. Pour ce philosophe qui a pensé « La République », lorsque la compétence se retire, la manipulation avance et que lorsque la vérité a un coût, le mensonge devient…rentable et qu’enfin, lorsque la popularité détermine l’autorité, la tromperie devient une stratégie.
Quand des concepts sont agités en guise de masques de carnaval, travestissant le réel, il est à craindre que la démocratie ne s’effondre pas de l’extérieur, mais qu’elle se vide de l’intérieur, parce que lorsque les mensonges finissent par ébranler le système et les bases de notre République, la fin est prévisible. Le peuple, alors, ne résiste pas à la tyrannie. Il la réclame, pour accompagner son incapacité à faire ses choix prométhéens, et ainsi mieux se soumettre au tyran.
Notre pays, naguère si singulier, est caractérisé par une dimension unique au monde. Oui… Le Sénégal est un malentendu énorme et permanent. Nous aimons, de manière convulsive, réfléchissons… à côté de nos têtes.
« Un fauteuil présidentiel n’est pas un canapé… Siss la ! Dou Banc !!! ». Maître Abdoulaye Wade.
Au bout d’à peine deux années de gouvernance a retenu à teinte et à dia, par deux cochers aux allures de Ben Hur tropicaux, l’attelage qui devait faire surgir des « Solutions » foisonnantes dans un « Projet » patriotique et visionnaire, le regard fièrement braqué vers 2050, est devenu drôlement brinquebalant et « PRES…QUE » incontrôlable.
Entre un président « HOLOGRAMME » et un Premier ministre « HYPERACTIF », limite volubile, les Sénégalais avaient perdu « leurs gammes historiques » et républicaines, n’en « pouvant plus », et comptant les points à chaque uppercut protocolaire et se désolant de souvent l’invisibilité et de l’imprévisibilité de nos objectifs.
Et comme pour planter le dernier clou dans le cercueil de notre République et de notre tradition consensuelle, le Premier ministre confie à ses militants, qu’il était en « cohabitation douce » avec le président de la République. Vous admettez qu’il vaut toujours mieux entendre ça que d’être sourd ! Plongeons dans les pages du Robert comme pour nous pincer, de peur d’avoir rêvé : « La cohabitation est la coexistence institutionnelle entre un chef d’État et un chef du gouvernement politiquement antagonistes. »
Heureusement que c’est « une douce cohabitation » !!! Sinon, qu’est-ce que ça serait !!!! Entre le PM qui soutient les Mollah massacreurs de 35.000 jeunes Iraniens désarmés en deux jours, et le président qui soutient l’Arabie Saoudite bombardée par les successeurs du Guide Suprême « panninisé » par Trump, heureusement que ça glisse « doucement » entre les us et coutumes diplomatiques et l’intrusion du collaborateur en chef dans le domaine réservé du président Diomaye Faye.
Dans ce Sénégal « ndoumbélanisé », où l’intelligence a décidé que lorsque l’ignorance se hurlait, elle avait l’obligation de se taire, l’ancien directeur du Bureau Organisation et Méthode (BOM), Pathé Ndiaye, a tiré la sonnette d’alarme face à une situation qu’il juge préoccupante pour le fonctionnement de l’appareil d’État. « Il faut dire que l’ambiance au sein du gouvernement et des institutions est préoccupante. Tout le monde est mal à l’aise : les ministres comme les fonctionnaires. On ne envoie pas un travail d’équipe. C’est une situation qui peut bloquer les institutions, car les agents et les fonctionnaires peuvent être gênés : à qui obéir, au président ou au Premier ministre ? », s’est-il réuni.
Rappelant les fondamentaux du régime présidentiel sénégalais, Pathé Ndiaye souligne que la responsabilité du dénouement de cette crise incombe au chef de l’État : « Nous ne sommes pas dans un régime parlementaire, mais dans un régime présidentiel. Le Premier ministre est nommé par le président ; c’est le président qui donne les orientations et les directives au gouvernement. Il ne devrait pas y avoir cette forme d’insubordination ou d’actions basées sur des directives divergentes au sein du gouvernement. »
Le président Diomaye Faye n’a en rien « trahi » son serment !
Les gars n’ont même pas appris dans leur « école du parti » que le président élu d’une République l’est pour tout le pays, pas pour une fraction, et qu’il ne saurait y avoir deux groupes distincts de Sénégalais. Non, le président Bassirou Diomaye Faye n’a pas trahi son serment. Il a juste été affranchi par les Institutions de notre République, qui font du Premier ministre un collaborateur et d’aucune façon un concurrent, même doux.
Le souci c’est que cette pièce de théâtre frise l’obscénité ou au moins l’indécence. Un scénario pareil, s’il avait été proposé à Hollywood par un spécialiste de science-fiction, il se serait vu viré par la fenêtre pour cause d’invraisemblance. Sous nos latitudes passionnelles et émotives, c’est du pain béni ! Ils le savent bien nos duettistes.
C’est Air Farce One !!! C’est du grand théâtre. Ils nous amusent. Ils nous montrent leurs doigts pour qu’on ne regarde pas la lune promise à des millions de Sénégalais crédules et fanatisés par un gourou, il est vrai charismatique. Nous sommes en pleine indécence de voir, face aux urgences vitales des Sénégalais, entourés par un désordre mondial, dont ils se moquent comme d’une guigne, que les deux hommes qui nous dirigent et sur lesquels reposaient les fous espoirs de toute une jeunesse désespérée, préférant servir de nourriture aux Ventres de l’Atlantique et de la Méditerranée, sont là, toute honte bue, à se préparer à assurer leur avenir politique, prévu pour…2029. Eux, ils ont le temps de jouer aux échecs, di pouss sen pions, tranquillement. Ils n’ont, il est vrai, plus de problèmes de carburant, de woyofal, de souci de scolarité pour leurs enfants, encore moins de garde-robe, joufflus dans des habitudes neuves, habitant des maisons neuves, épousant des femmes neuves et n’ayant de surcroît pas l’élégance d’avoir au moins quelques cheveux blancs, signe de leurs inquiétudes quant à l’avenir des Sénégalais. Ils ont oublié « le don de soi » pour se vautrer dans « les goûts de choix » et l’ivresse des jets privés qui décollent du 4ème sous-sol de notre « ça-m’est-égal ».
Courage ! Monsieur le Premier ministre, démissionnez et ne vous contentez pas d’une cohabitation, même douce ! Cette posture ne sied point à votre tempérament fougueux, impétueux et envahi de tellement de « JE » et de « ME-MYSELF-AND I ».
Un peu de hauteur Monsieur le président de la République ! Défaites-vous de cette stature d’hologramme et de chef d’état virtuel et prenez en vos solides mains, les rêves d’un pays qui a encore espoir en vous et en votre sagesse, et qui a foi en votre élégance morale, instillée en vous par ce « leull » qui vous est si cher.
Sinon nous réfléchirons que tout ce « barnum politique » n’a pour mais que d’endormir les Sénégalais afin qu’ils ne puissent pas pointer du doigt vos carences et vos incompétences, qui vous seraient fatales en 2029…comme d’ailleurs en 2027.
Oh ! Mon Dieu ! Aurions-nous raté l’avion ? Un avion sans ailes et qui vole vers un crash dont le Sénégal ne se relèverait pas ? Il y va de votre responsabilité. Et de votre avenir personnel, car le peuple lui, a toujours su jeter ses bulletins dans les urnes de leurs espoirs.
Alors, à bon entendeur ! Wasalam !!!



