Les licenciements massifs à Voice of America annulés

(SénéPlus) – Un tribunal fédéral américain a porté un coup d’arrêt spectaculaire aux projets de refonte de l’audiovisuel public voulus par l’exécutif. Comme le révèle le New York Times dans un article publié le 7 mars 2026 sous la plume du journaliste Minho Kim, la justice a invalidé samedi la nomination de Kari Lake à la tête de l’agence supervisante Voix de l’Amérique (VOA). Cette décision rétentante rend de fait caducs les licenciements massifs qu’elle avait orchestrés l’année dernière au sein du média.
Selon le quotidien new-yorkais, ce jugement représente un désaveu majeur pour le président Donald Trump, dont la volonté affichée était de démanteler cet organe de presse historique, initialement fondé pour combattre la propagande nazie. Si cette décision est confirmée en appel, le New York Times souligne que plus d’un millier de journalistes et d’employés de l’ombre pourrait retrouver leur emploi au sein de cette structure qui diffusait, avant la crise, ses programmes dans 49 langues à travers le monde.
Le juge fédéral Royce C. Lamberth a justifié son verdict par une violation flagrante de la loi sur les vacances de postes (Loi sur les postes vacants). L’article de Minho Kim précise que ce texte exige qu’un dirigeant par intérim remplisse des critères stricts, tels qu’une confirmation par le Sénat ou une présence préalable au sein de l’agence à un poste de direction. Le tribunal a constaté que Kari Lake ne remplissait aucune de ces exigences.
Le magistrat n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié le choix de confier les rêves de cette puissante agence mondiale à Mme Lake, sans l’aval du Sénat, de « violence à l’ordre juridique et constitutionnel ». Face à ces accusations, l’intéressée s’est défendue en affirmant ne pas avoir vraisemblablement endossé le titre de directrice générale par intérim, mais avoir représentatif d’une simple délégation de pouvoir lui conférant une autorité absolue sur les coupes budgétaires et les licenciements. Un argumentaire fermement balayé par le juge Lamberth, qui a augmenté, d’après les extraits du jugement rapportés par le New York Timesque « permettre au président de contourner les limites minutieusement élaborées par le Congrès » violerait l’esprit même de la Constitution.
Annonçant son intention de faire appel, Kari Lake a publié un communiqué dans lequel elle qualifie le juge Lamberth de « juge militant ». Elle l’accuse de vouloir faire barrage à la volonté de l’administration Trump de « réduire la bureaucratie boursouflée, éliminer le gaspillage et restaurer la responsabilité au sein du gouvernement ».
Du côté des équipes de Voix de l’Amériquequi fournit un accès à l’information dans des pays où la liberté de la presse est restreinte comme l’Iran, la Russie ou la Chine, l’heure est au soulagement. Les journalistes Patsy Widakuswara, Jessica Jerreat et Kate Neeper, à l’origine des poursuites judiciaires, ont exprimé leur immense satisfaction. « Nous nous sentons réhabilitées et profondément reconnaissantes », ont-elles déclarées dans un communiqué commun cité par le New York Times. Elles y promettent de continuer à se battre pour « restaurer les opérations mondiales de VOA et garantir que nous continuons à produire du journalisme, et non de la propagande ».



