Politique

6 mois de prison requis contre le DG de la Santé Publique dans une affaire impliquant le directeur de l’hôpital Aristide Le Dantec

Le principal prévenu, Pape Ibrahima Thiam, bijoutier professionnel, est poursuivi pour menaces de violences, agressions et injures privées. Le procureur de la République estime de son côté qu’Ousmane Cissé aurait fourni les moyens matériels ayant permis l’envoi des messages incriminés, ce qui fonde le parquet pour complicité.

Messages WhatsApp offensants à l’origine de l’affaire

L’origine de l’affaire est une plainte déposée par El Hadji Mansour Diop auprès de la police du Point E pour injures et diffamation via WhatsApp. Selon le procès-verbal du 28 janvier 2025, le directeur de l’hôpital affirme avoir reçu le 11 juin 2024 plusieurs messages insultants visant non seulement lui mais également son épouse et sa famille.

Les captures d’écran transmises aux enquêteurs montrent des propos considérés comme portant gravement atteinte à l’honneur.

Pour identifier l’auteur, les enquêteurs ont adressé une réquisition à l’opérateur téléphonique Free, demandant l’identification de la ligne, la géolocalisation et l’historique des communications. L’enquête a révélé que les messages avaient été envoyés depuis un téléphone de marque Tecno.

Une vieille amitié politique au cœur du conflit

Lors de son audition, El Hadji Mansour Diop a expliqué que le style des messages lui rappelait ceux qu’il avait déjà reçus par le passé de Ousmane Cissé, ancien camarade politique au sein de Pastef-Les Patriotes.

Les deux hommes entretenaient auparavant des relations amicales et politiques, avant une brouille liée à un différend financier remontant à 2023.

Lors de l’enquête, Ousmane Cissé a nié être l’auteur des messages. Il a toutefois reconnu avoir acheté et offert le téléphone et la carte SIM à son ami Pape Ibrahima Thiam.

Le bijoutier reconnaît les faits

Convoqué par la police, Pape Ibrahima Thiam a reconnu être le propriétaire de la ligne téléphonique et avoir adressé des messages insultants au directeur de l’hôpital.

Devant les enquêteurs puis devant le tribunal, il a déclaré avoir agi pour soutenir son ami dans le conflit qui l’opposait à Mansour Diop.

Il a également expliqué qu’il n’avait pas écrit lui-même les messages :

“Je n’ai pas un niveau d’éducation élevé. J’ai demandé à un écrivain public d’écrire les messages offensants”, a-t-il reconnu à la barre.

Le prévenu a présenté ses excuses à la victime et a demandé la clémence de la justice.

La partie civile réclame 50 millions FCFA

Les avocats de la partie civile estiment qu’Ousmane Cissé est responsable. Selon eux, le fait d’avoir fourni le téléphone utilisé pour l’envoi des messages constitue une participation au délit.

Ils réclament ainsi 50 millions de francs CFA de dommages et intérêts pour réparer le préjudice moral et l’atteinte à la réputation de leur client.

Six mois de prison requis par le parquet

Dans ses réquisitions, le procureur a estimé que les preuves techniques recueillies au cours de l’enquête étaient suffisamment solides.

“Un crime n’est jamais parfait. Les preuves scientifiques ont parlé”, a déclaré le représentant du ministère public.

Le parquet a requis six mois d’emprisonnement à l’encontre des deux prévenus ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA.

La défense plaide l’acquittement

Les avocats d’Ousmane Cissé ont plaidé non coupable, estimant que leur client n’avait jamais écrit ni dicté les messages incriminés.

Concernant Pape Ibrahima Thiam, la défense a requis une application bienveillante de la loi pénale, soulignant ses excuses et sa reconnaissance des faits.

Verdict attendu le 12 mai 2026

Après les plaidoiries, le tribunal de grande instance de Dakar a mis l’affaire en délibéré.

La décision de justice est attendue le 12 mai 2026, dans une affaire qui met en lumière les risques juridiques liés au cyberharcèlement et aux conflits personnels amplifiés par les réseaux sociaux.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button