le projet de loi parallèle qui suscite l’indignation

Le gouvernement australien a officialisé l’octroi de visas humanitaires à plusieurs membres de l’équipe nationale féminine de football d’Iran. Cette décision intervient dans un climat de fortes tensions, alors que les joueuses craignaient pour leur sécurité après un acte de défiance, et que le Moyen-Orient traverse une escalade militaire majeure.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, sept membres de la délégation iranienne, dont des joueuses et du personnel d’encadrement, ont finalement décidé de rester sur le territoire australien. Le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, a confirmé mercredi que deux nouvelles personnes avaient rejoint le groupe de cinq ayant déjà obtenu l’asile la veille. Les autorités australiennes ont approché les femmes individuellement à l’aéroport de Sydney, loin de leurs accompagnateurs officiels iraniens, pour leur proposer cette option sans aucune pression avant leur passage à la sécurité.
Ces visas humanitaires temporaires, valables pour une durée de douze mois selon la chaîne australienne ABC, ouvrent la voie à une résidence permanente. Ils sont similaires aux dispositifs mis en place pour les ressortissants d’Ukraine, de Palestine et d’Afghanistan.
L’inquiétude des membres de l’équipe est née de leur refus de chanter l’hymne national lors de leur premier match de la Coupe d’Asie en Australie. Suite à ce boycott, la télévision d’État iranienne les a qualifiées de « traîtresses ». Malgré les appels du bureau du procureur général d’Iran et du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, qui les ont invités à rentrer au pays « avec paix et confiance », les sept membres ont choisi l’exil. Le ministre Burke a précisé qu’un autre membre de la délégation avait longuement hésité avant de finalement décider de prendre son vol retour.
Cet événement se déroule en toile de fond d’un conflit ouvert. Le tournoi a coïncidé avec le déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a notamment coûté la vie au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Au onzième jour de ce conflit, les frappes sur Téhéran et d’autres villes ont fait au moins 1 255 morts, s’inscrivant dans une séquence plus large de frappes et de déstabilisation régionale.
Cependant, ce sauvetage très médiatisé s’accompagne d’une initiative législative qui modifie l’approche d’accueil de Canberra. Parallèlement à l’octroi de cet asile, le gouvernement australien a introduit un projet de loi visant à interdire l’entrée sur son territoire aux ressortissants de certains pays, dont l’Iran, le Liban et le Qatar, par crainte qu’ils ne dépassent la durée de leur visa en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Ce texte permet de bloquer les arrivées pour une période allant jusqu’à six mois, même pour les détenteurs d’un visa temporaire valide. Le sénateur du parti des Verts, David Shoebridge, a décrété une mesure ciblant spécifiquement les populations du Moyen-Orient. De son côté, Kon Karapanagiotidis, directeur de l’Asylum Seeker Resource Centre, a souligné l’incohérence de l’exécutif australien, pointant le contraste entre l’implication militaire de l’Australie au Moyen-Orient et la volonté de fermer les frontières aux civils fuyant ces mêmes zones de conflit.



