L’armée américaine dévoile le système utilisé pour accélérer ses prises de décision tactiques en Iran.

L’offensive militaire menée par les États-Unis en Iran s’accompagne d’une évolution majeure sur le plan tactique. Face à la complexité du théâtre des opérations et au volume d’informations à traiter, le commandement américain vient d’officialiser le recours à de nouveaux outils pour assister ses troupes, dans un contexte marqué par de lourdes pertes civiles.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’armée américaine a confirmé mercredi l’utilisation de plusieurs systèmes basés sur l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de la guerre en Iran. Brad Cooper, chef du Commandement central américain (CENTCOM), a expliqué dans un message vidéo que ces technologies permettent de juger d’énormes quantités de données en quelques secondes. L’objectif affiché est d’aider les décideurs militaires à analyser la situation et à réagir plus rapidement que l’adversaire, transformant des processus qui prenaient auparavant des heures, voire des jours, en actions instantanées.
Le responsable militaire a toutefois précisé que la décision finale d’ouvrir le feu reste exclusivement une prérogative humaine. Cette annonce intervient alors que les appels à une enquête indépendante se multiplient, notamment après le bombardement d’une école dans le sud de l’Iran, qui a coûté la vie à plus de 170 personnes, en majorité des enfants. Depuis le début de la campagne américaine-israélienne le 28 février, plus de 1 250 personnes ont été tuées sur le territoire iranien.
Les dégâts matériels recensés sont également considérables. Le Croissant-Rouge iranien a indiqué mercredi que près de 20 000 bâtiments civils et 77 établissements de santé ont été endommagés. Selon les autorités iraniennes, les frappes ont touché des dépôts pétroliers, des marchés, des infrastructures sportives, des écoles et une usine de dessalement d’eau. L’intégration de l’IA dans ce conflit suscite de vives inquiétudes chez les experts en droits humains, qui rappellent que l’armée israélienne s’est largement appuyée sur ces technologies lors de ses opérations à Gaza, où plus de 72 000 Palestiniens ont péri depuis octobre 2023.
En parallèle, l’administration du président américain Donald Trump cherche à étendre l’accès de l’armée aux innovations technologiques, ce qui a provoqué des tensions ouvertes avec le secteur privé. Washington a ainsi placé sur la liste noire l’entreprise technologique Anthropic, le qualificatif de « risque pour la chaîne d’approvisionnement ». La société, qui disposait d’un contrat avec le Pentagone, exigeait que ses modèles d’IA ne soient pas utilisés pour des armes entièrement autonomes ou des programmes de surveillance de masse. En réponse à son interdiction de collaborer avec les agences gouvernementales, Anthropic a poursuivi l’administration Trump en justice.
La position du département américain de la Défense reste inflexible. Kingsley Wilson, porte-parole du Pentagone, a déclaré la semaine dernière que les forces engagées dans l’opération « Epic Fury » ne seraient jamais prises en otage par des dirigeants d’entreprises non élus ou par « l’idéologie de la Silicon Valley », réaffirmant la volonté de l’armée américaine de décider et de dominer sur le champ de bataille.



