L’Iran menace de boycotter le Mondial

(SénéPlus) – Alors que les États-Unis s’apprêtent à co-organiser la Coupe du monde de la FIFA 2026, la présence de la sélection iranienne apparaît plus que jamais compromis. Selon le journaliste sportif Henry Bushnell, à L’Athlétismele ministre iranien des Sports a déclaré à la télévision d’État que la L’équipe Melli ne pourra « certainement » pas prendre part à la compétition nord-américaine, en représailles aux récentes attaques militaires américaines.
L’annonce de Téhéran s’inscrit dans un climat géopolitique explosif. L’assaut militaire conjoint mené par les États-Unis et Israël depuis le 28 février a provoqué la mort du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. L’offensive aurait également coûté la vie à plus de 1 200 civils, selon les bilans de l’Agence de presse des militants des droits de l’homme (HRANA) cités par le journaliste américain.
C’est dans ce contexte dramatique que le ministre des Sports, Ahmad Donyamali, a justifié la très probable défection de son pays. « Étant donné que ce régime corrompu (les États-Unis) a assassiné notre chef, nous n’avons en aucune circonstance les conditions requises pour participer à la Coupe du monde », at-il affirmé, selon plusieurs traductions du persan à l’anglais reprises par L’Athlétisme.
Outre la dimension politique, le ministre a mis en avant des craintes directes pour l’intégrité de la délégation : « Nos joueurs n’ont pas de sécurité, et fondamentalement les conditions de participation n’existent pas ». Une position d’une fermeté inédite, qui a été réitérée au cours de la même intervention : « Au vu des actions malveillantes menées contre l’Iran (…) nous n’avons certainement pas la possibilité d’y participer ».
Bien que la Fédération iranienne de football n’ait encore fait aucune annonce officielle de retrait auprès de la FIFA, les signaux d’alerte s’accumulent. Henry Bushnell rappelle que, quelques heures seulement après le début des frappes, le président de la fédération iranienne, Mehdi Taj, confiait déjà à la presse locale : « Après cette attaque, on ne peut s’attendre à ce que nous assistons à la Coupe du monde avec espoir ». Il s’en remettait alors aux « chefs des sports » pour trancher la question.
Sur le plan logistique, la situation semble tout aussi bloquée. Des sources au fait du dossier ont été révélées à L’Athlétisme que la FIFA peine à établir le contact avec les responsables du football iranien en raison de la guerre et des coupures d’Internet frappant le pays. Preuve de cet isolement grandissant : les représentants iraniens ont brillant par leur absence la dernière semaine à Atlanta, lors d’une réunion de planification regroupant l’ensemble des fédérations qualifiées pour le Mondial.
Hasard du calendrier ou tentative d’apaisement par le sport, le sort de l’équipe iranienne a été abordé au plus haut sommet de l’État américain. Selon L’Athlétismele président de la FIFA, Gianni Infantino, a rencontré mardi soir le président américain Donald Trump.
Dans un communiqué publié sur Instagram, M. Infantino a indiqué qu’ils avaient évoqué « la situation actuelle en Iran, et le fait que l’équipe iranienne s’est qualifiée pour participer à la Coupe du monde de la FIFA 2026 ». Malgré l’état de guerre ouverte, Donald Trump aurait tenu à rassurer les instances du football : « Au cours des discussions, le président Trump a réitéré que l’équipe iranienne est, bien sûr, la bienvenue pour concourir dans le tournoi aux États-Unis ». Un message confirmé à L’Athlétisme par un responsable de la Maison-Blanche.
Si le boycott iranien, dont les matchs de la phase de poules devaient se dérouler à Los Angeles et Seattle, venait à être officialisé, la FIFA se retrouverait face à un défi organisationnel majeur. Toutefois, comme le précise The Athletic, la réglementation de l’instance internationale lui octroie « un large pouvoir discrétionnaire pour faire appel à une équipe remplaçante ou ajuster le tournoi en conséquence ».



