le dossier des enfants retrouvés morts dans une voiture refait surface… le « marabout » suspecté finalement écroué deux ans après les faits

Deux ans après avoir bouleversé l’opinion publique à Keur Mbaye Fall, l’affaire des deux enfants retrouvés dans un véhicule bâché connaît un rebondissement spectaculaire. Longtemps classé sans suite malgré la gravité des faits, le dossier vient d’être relié par la justice, aboutissant à l’incarcération d’un suspect jusque-là considéré par certains comme intouchable.
Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, le procureur près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a décidé de rouvrir le dossier à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée par les familles des victimes.
Une disparition qui avait choqué Keur Mbaye Fall
L’affaire remonte à l’année 2024 et avait profondément marqué les habitants de Keur Mbaye Fall, notamment ceux du quartier Cité Poste Alliance. À l’époque, deux enfants, CI Fall, âgé de 4 ans, et son cousin I. Dia, 5 ans, avaient mystérieusement disparu.
Pendant plusieurs jours, les familles et les voisins avaient multiplié les recherches dans une atmosphère d’angoisse et d’incompréhension. Cinq jours après leur disparition, les deux enfants ont finalement été retrouvés dans une voiture bâchée.
Le drame était déjà consommé. Le petit CI Fall était décédé tandis que son cousin, retrouvé dans un état critique, avait été transporté d’urgence à l’hôpital. Plongé dans le coma, il a finalement survécu mais avec de graves lésions.
Une autopsie aux révélations glaçantes
L’autopsie réalisée sur le corps de l’enfant décédé avait révélé des faits d’une extrême cruauté. D’après Libération, les médecins légistes avaient notamment constaté que les yeux de la victime avaient été arrachés, un élément qui avait suscité une vague d’indignation et de spéculations dans l’opinion publique.
Très vite, les soupçons s’étaient orientés vers le propriétaire du véhicule dans lequel les enfants avaient été retrouvés. Il s’agissait d’un homme présenté comme marabout, connu sous le nom de Badou Pouye, dont la voiture était stationnée devant son domicile.
Colère populaire et premières interpellations
Entendu par les enquêteurs dans le cadre de l’enquête, le suspect avait cependant été relâché faute de preuves suffisantes. Cette décision avait provoqué la colère de certains proches des victimes et d’habitants du quartier.
Dans un accès de rage, la maison de l’homme avait été saccagée. Plusieurs personnes impliquées dans ces actes avaient été arrêtées et incarcérées, tandis que d’autres avaient été poursuivies pour des vidéos de dénonciation diffusées sur les réseaux sociaux.
Malgré l’émotion et la gravité des faits, le dossier avait finalement été classé sans suite, laissant les familles dans l’incompréhension.
Un retournement judiciaire spectaculaire
Mais deux ans plus tard, l’affaire connaît un tournant inattendu. Toujours selon Libération, l’avocat des familles, Me Issa Diaw, a relancé la procédure en déposant une plainte avec constitution de partie civile.
Cette initiative a poussé le procureur Saliou Dicko à ouvrir une information judiciaire. Dans son réquisitoire introductif, le magistrat a visé Lamine Badara Pouye, de son vrai nom, pour des faits d’une extrême gravité.
Saisi du dossier, le juge du premier cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye a décidé ce jeudi de l’inculper et de le placer sous mandat de dépôt pour meurtre.
Une enquête désormais relancée
Avec l’ouverture officielle de l’information judiciaire, l’affaire entre désormais dans une phase active d’enquêtes. Les chefs d’accusation évoqués incluent notamment l’enlèvement de mineurs, la séquestration et le meurtre.
Pour les familles des victimes, ce rebondissement judiciaire ravive l’espoir de voir enfin toute la lumière faite sur ce drame qui avait traumatisé le quartier de Keur Mbaye Fall.
Comme le souligne Libération, cette nouvelle étape judiciaire pourrait permettre de démêler les nombreuses zones d’ombre entourant cette affaire qui, pendant deux ans, semblait enterrée.



