Société, Culture

Les enseignants annoncent leur colère à l’international

L’escalade est totale entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants. Réunis en conférence de presse, les dirigeants du G7 ont annoncé le dépôt d’une plainte auprès de l’Organisation internationale du travail (Oit) suite à des ponctions salariales jugées illégales, après la grève de janvier dernier. Entre menaces d’année blanche et rejet du Pacte de stabilité, le front social s’embrase.

Le G7 est décidé à se faire respecter. Hier, le collectif syndical a annoncé le dépôt imminent d’une plainte contre l’Etat du Sénégal. Cette décision radicale fait suite aux sanctions financières infligées aux enseignants après leur mouvement de grève de six jours en janvier 2026. Après avoir décrété des ponctions «arbitraires» de leurs salaires, le chagrin est précis : alors que la grève a duré six jours, l’Administration aurait opéré des prélèvements sur dix jours de salaire. «Nous avons remarqué que sur les bulletins de paie, dix jours ont été prélevés», a martelé Aliou Diouf, secrétaire général du Cusems. Une pilule qui ne passe pas pour les syndicalistes. «Le G7 condamne avec la dernière énergie ces ponctions illégales, disproportionnées et arbitraires, opérées au mépris de toutes les règles procédurales», a-t-il ajouté. Pour les syndicats, cette mesure s’apparente à un « hold-up » et à une volonté manifeste d’humilier des travailleurs exerçant un droit constitutionnel.

Le Bit saisi pour violation de la Convention 95

Face à ce qu’ils qualifient de « communication irresponsable » du gouvernement, les « hommes de craie » portent l’affaire sur la scène internationale. Ils saisissent le Bureau international du travail (Bit) pour violation de la Convention n°95 de l’Oit (1949) relative à la protection du salaire.

Dans cette bataille judiciaire, le G7 bénéficie du soutien de l’Internationale de l’éducation (Ie). «Le gouvernement a fait ce que bon lui semble. L’Ie nous accompagnera dans les mécanismes pour que cette plainte aboutisse et que l’Etat soit contraint d’apporter des correctifs aux coupures notées», a précisé Hamidou Diédhiou, membre du G7.

L’année scolaire 2025-2026 en péril

Le ton monte également sur la gestion globale des accords syndicaux. Hamidou Diédhiou a énoncé les « manœuvres dilatoires » du gouvernement visant à retarder l’application des engagements pris. Le G7 tient l’autorité pour « seule responsable » de toute perturbation majeure à venir. « Que l’année soit blanche ou noire, cela dépend de l’Etat. C’est à lui de prendre des mesures fortes et de dépasser les simples discours. La balle est dans son camp», a prévenu Aliou Diouf.

Le Pacte de stabilité rejeté

Interrogé sur le Pacte de stabilité sociale souvent évoqué par l’Exécutif, le G7 a été cinglant. Pour les syndicalistes, ce pacte n’a aucune valeur puisqu’ils n’en sont pas signataires. «Les enseignants représentent 70% des effectifs de la Fonction publique. Signer un pacte en écartant 70% des travailleurs pose la question de sa pertinence», fustige Aliou Diouf. Le G7 précise d’ailleurs que la réunion prévue entre le Premier ministre et les centrales syndicales ne les engagent en rien, privilégiant le Comité de suivi des accords de 2022.

Un plan d’actions immédiat

Pour obtenir un gain de cause, le G7 prévoit une montée en puissance de la mobilisation avec un rassemblement à Dakar devant l’Ief de Dakar-Plateau, l’organisation de tournées nationales avec des visites de sensibilisation auprès des chefs religieux. Pour les actions directes, des « sit-in » et des journées de présence active. Le climat scolaire reste suspendu à la réponse du gouvernement face à ces revendications qui menacent désormais la survie de l’année académique.

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