Politique

les syndicats dénoncent une application incomplète du protocole d’accord

Selon Daouda Badiane, les dispositions du protocole restent aujourd’hui largement inappliquées.

« Les termes contenus dans le protocole ne sont généralement pas respectés », a-t-il déclaré, appelant les agents à être vigilants et mobilisés.

Une augmentation de salaire jugée injuste

Au cœur des protestations se trouve l’application de l’augmentation des salaires, que les syndicats jugent inégale.

Selon l’intersyndicale, les mesures sont appliquées « à géométrie variable ». Si certaines primes spécifiques ont été accordées aux personnels de santé, d’autres agents des collectivités territoriales bénéficient de majorations indexées sur leur catégorie administrative :

– 80 000 FCFA pour les agents de catégorie C

– jusqu’à 300 000 FCFA pour ceux de la catégorie A

Mais dans la pratique, les syndicats dénoncent des divergences d’interprétation des textes entre les différentes administrations concernées, qui compliquent l’application uniforme de la réforme.

L’absence de concertation institutionnelle dénoncée

L’organisation syndicale INTERCO-Sénégal déplore également l’absence d’un cadre de concertation. Elle pointe notamment la suspension du Conseil supérieur de la fonction publique locale, organe consultatif chargé d’examiner les mesures législatives ou réglementaires concernant les agents territoriaux.

Depuis la nomination du ministre chargé du dossier, Moussa Baldé, cette instance n’a jamais été convoquée.
« Chacun y va selon son inspiration », a regretté Daouda Badiane, estimant que cette situation alimente la confusion dans la gestion de la fonction publique locale.

La convocation de ce conseil figure désormais parmi les principales revendications des syndicats, qui y voient une condition essentielle pour relancer un dialogue institutionnel structuré.

Critiques visant le Centre national de la fonction publique locale

Autre point de friction : le rôle du Centre national de la fonction publique locale, créé par le décret n° 2021-669.

L’intersyndicale accuse cette structure de prendre des décisions qui reviennent normalement aux exécutifs locaux, sans impliquer les syndicats dans les discussions. Selon Daouda Badiane, certaines mesures auraient été adoptées en dehors du comité technique institué le 18 novembre 2022.

« Le Centre remplace l’exécutif local », a-t-il dénoncé.

Les syndicats dénoncent également une confusion persistante entre l’augmentation des salaires et le partenariat de la fonction publique locale, qui rendrait le système difficile à comprendre et à appliquer. Ils rappellent que l’agent communal reste un agent de droit public, régi par un statut harmonisé pour toutes les collectivités locales du Sénégal.

Des consultations initiées auprès de plusieurs institutions

Face à ces préoccupations, INTERCO-Sénégal a initié une série de consultations auprès de plusieurs institutions, dont :

– le Conseil du dialogue social

– la Direction Générale des Collectivités Territoriales

– la Direction du secteur local du Trésor

– la Direction de l’Administration Territoriale

Une réunion avec le Centre national de la fonction publique locale est également annoncée dans les prochains jours, dans l’espoir de clarifier l’application des mesures et de relancer le dialogue social.

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