Société, Culture

le scrutateur présidentiel marqué par la coupure du réseau téléphonique et d’internet

Au quartier des Quinze, réputé acquis au président, le dépouillement dans les bureaux de vote est terminé. Aucun votant, aucun citoyen n’est resté pour observer/surveiller, pointe notre envoi spécial à Brazzaville, Amélie Tulet. Les résultats ont été inscrits à la craie sur les tableaux noirs. Personne pour les photographier et les partager en ligne.

Ce qui a marqué cette journée, c’est la coupure des communications et d’internet. Pas de commentaire encore à ce sujet des candidats en lice et des observateurs. Mesure diversement perçue par des Brazzavillois rencontrés par RFI.
Des arrivées au compte-gouttes dans les bureaux de vote
Dans la plupart des bureaux de vote du centre, du nord et du sud de la capitale, visités à l’ouverture du vote, les opérations n’ont pas débuté à 7h, l’heure prévue, rapporte notre correspondant à Brazzaville, Loïcia Martial. Les responsables de ces bureaux ont parfois attendu une heure ou plus, le déploiement complet du matériel.

Qu’il s’agisse des quartiers réputés favorables au président candidat – Poto Poto, Ouenze, Talangaï, ou des quartiers réputés frondeurs comme Bas-Congo ou Makélékélé – il n’y a pas eu de longues files d’attente devant les bureaux. Plutôt des arrivées au compte-gouttes ou par grappes de votants.
Ici à Brazzaville, la journée a été calme, semble-t-il, une journée sans circulation, sans culte, sans activité autorisée en-dehors du vote.
Pour ce scrutin, la majorité présidentielle a multiplié les appels contre l’abstention. L’opposition dit radicale a déclaré un « simulacre d’élection » et a appelé au boycott. L’opposition parlementaire, elle, n’a pas donné de consigne de vote et appelle les Congolais à s’exprimer « en leur âme et conscience » aujourd’hui.
« Je cherche un président qui viendra améliorer tout ce qui se passe ici au Congo »
« Je viens de voter, de remplir mon droit civique. L’homme doit d’abord remplir ses droits. L’homme a le droit de chercher son candidat, son président » a justifié Sébastien qui a voté en milieu d’après-midi au collège Antonio Aghostino Neto dans le sixième arrondissement.
Face à la mairie de Bacongo, au sud de la capitale, Vivienne, diplômée sans emploi de 33 ans, est pour le boycott du scrutin : « Je ne vote pas. Ici, il n’y a pas de démocratie. Quand on dit la vérité, on viendra vous arrêter. Moi, je cherche un président qui viendra améliorer tout ce qui se passe ici au Congo », dit-elle.
Georges, la quarantaine révolue, refuse également de voter. Il est très offusqué par la coupure des communications en ce jour électoral : « Là encore, c’est plus grave. Vous ne mesurez pas l’impact des gens qui ont perdu des vies parce qu’il n’y a pas eu de connexion. À la limite, je me pose la question quel est l’intérêt de couper la connexion, si ce n’est pour dissimuler la vraie version des faits », s’est-il indigné.
Impossible de savoir comment s’est déroulé le vote à l’intérieur du pays à cause de la coupure d’internet et du téléphone. Les organisations indépendantes de la société civile avaient prévu une communication ce soir à l’issue du contrôle, mais elles n’étaient pas joignables. Elles avaient déclaré une campagne déséquilibrée.
Pour l’instant pas de date annoncée pour l’annonce des résultats officiels de ce examen.

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