L’annonce tombe pour Macky Sall et le poste de secrétaire général de l’ONU

La succession d’António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations Unies (ONU) est désormais officiellement lancée. Le processus, qui mobilise depuis plusieurs mois diplomates et États membres, prend une dimension particulière dans un contexte international instable, marqué par la guerre en Ukraine, les tensions croissantes au Moyen-Orient et les blocages récurrents au Conseil de sécurité. La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a rappelé lors d’un point de presse au siège de l’ONU à New York que le choix du prochain secrétaire général est « profondément important, surtout en ces temps difficiles ».
Les auditions publiques des candidats, prévues dans la semaine du 20 avril selon le calendrier actuel, représentent un moment clé dans ce processus. Chaque candidat disposera de trois heures pour présenter sa vision, répondre aux questions des États membres et dialoguer avec la société civile. “Je sais moi-même qu’il s’agit d’un long processus”, a souligné Mme Baerbock, “mais les États membres ont apprécié cette opportunité d’échanger leurs points de vue et de poser leurs questions”. Ces auditions, instaurées lors de la précédente succession en 2016, visent à rendre le processus plus transparent, rompant avec la tradition des négociations discrètes entre grandes puissances.
À ce jour, cinq candidats ont été officiellement désignés par leurs gouvernements pour succéder à António Guterres, dont le deuxième mandat de cinq ans s’achève à la fin de l’année. Le premier à se déclarer, en novembre dernier, fut l’Argentin Rafael Grossi, actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En février, le Chili, le Brésil et le Mexique ont nommé l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet. Début mars, le Burundi a soutenu l’ancien président sénégalais Macky Sall, tandis que le Costa Rica a présenté Rebeca Grynspan, actuelle présidente de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Enfin, les Maldives ont nommé Virginia Gamba, ancienne Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. D’autres candidatures pourraient encore être déposées avant le 1er avril, date limite fixée pour l’organisation des auditions.
La question du genre et de la diversité régionale est également centrale dans cette succession. Depuis la création de l’ONU en 1945, aucun des neuf secrétaires généraux n’a été une femme. Les États membres ont officiellement encouragé la présentation de candidatures féminines pour corriger cette anomalie historique. À ce jour, trois des cinq candidats déclarés sont des femmes, démontrant un engagement plus large en faveur de l’inclusion et de la représentation. Mme Baerbock a toutefois rappelé que son rôle dans le processus est strictement procédural : « Mon rôle est de mener ce processus de manière transparente, neutre et équitable », précisant qu’elle ne commenterait pas les candidatures individuellement.
Le futur Secrétaire Général devra faire preuve de compétences variées et d’un fort leadership. Selon Mme Baerbock, les critères de sélection sont définis dans les résolutions adoptées par les États membres. Le futur Secrétaire Général doit notamment avoir une expérience en matière de gouvernance et de gestion d’institutions complexes, être capable de mener des actions efficaces et engagées, et démontrer une capacité à naviguer dans un environnement géopolitique très exigeant. La personnalité du futur dirigeant sera essentielle à la capacité de l’organisation à maintenir son rôle de médiateur mondial et à gérer les rivalités entre grandes puissances. «La personne qui dirigera cette organisation représentera également ce que cette institution incarne pour l’avenir», a résumé Mme Baerbock.
Malgré la visibilité offerte par les auditions publiques, la décision finale reste largement géopolitique. Conformément à la tradition diplomatique, le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, détient le pouvoir décisif dans le choix du futur secrétaire général. L’Assemblée générale n’intervient que dans la phase finale pour ratifier officiellement la nomination. Ainsi, derrière les discours de transparence, les enjeux stratégiques et les négociations en coulisses restent déterminantes.



