Écouter de la musique rompt-il le jeûne ? Découvrez la réponse !

En ce mois sacré, une question revient chaque année sur les lèvres des fidèles, notamment parmi les jeunes générations habituées au streaming quotidien : écouter de la musique annule-t-il le jeûne ? Entre idées préconçues et opinions religieuses tranchées, le débat mérite d’être clarifié.
Une distinction fondamentale : validité technique vs valeur spirituelle
Contrairement à la croyance populaire, écouter de la musique ne rompt pas techniquement le jeûne du Ramadan. Sur le plan purement juridique, les actes qui invalident le jeûne sont clairement définis : manger, boire, avoir des rapports sexuels, ou encore vomir volontairement. La musique n’appartient pas à cette catégorie.
« Écouter de la musique ne rend pas le jeûne invalide d’un point de vue technique », confirme Oustaz Mass Dieye, cité dans un article spécialisé. Une opinion partagée par de nombreux savants, qui soulignent que celui qui jeûne et qui écoute de la musique n’a pas à rattraper sa journée.
Mais fais attention : cette validité formelle ne signifie pas que l’acte est sans conséquences.
Un péché aggravé pendant le mois sacré
Si la musique n’annule pas le jeûne, son écoute reste considérée comme problématique par la majorité des écoles de droit. Les ulémas s’accordent sur un point essentiel : écouter de la musique est un péché (haram) à tout moment, mais ce péché est plus grave pendant le Ramadan.
“Cher frère, chère sœur, si les chants sont interprétés avec des instruments de musique ou par des femmes étrangères à l’auditeur, alors il est interdit de les écouter que ce soit pendant le Ramadan ou tout autre mois. Même si le péché est plus grand pendant le Ramadhan”, explique une fatwa d’Islamweb.
Cette position s’appuie sur des hadiths considérés comme authentiques, notamment celui rapporté par l’Imam Al-Bukhari où le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) annonce : « Il y aura parmi ma communauté des gens qui rendront licites l’adultère, la soie, l’alcool et les instruments de musique ».
La récompense du jeûne en question
Le véritable enjeu est donc ailleurs. Même si la musique n’invalide pas le jeûne, elle peut en diminuer considérablement la récompense.
Un hadith célèbre prévient : « Une personne qui jeûne ne peut ressentir que la faim et la soif pendant son jeûne. » En d’autres termes, on peut techniquement jeûner tout en perdant la plupart des bénéfices spirituels recherchés.
Les érudits de l’Islam Q&A précisent : “Le péché (y compris écouter de la musique) diminue la récompense du jeûne. Plus la personne qui jeûne commet de péchés, et plus ces péchés sont graves, plus cela diminue la récompense de son jeûne, et il peut même perdre toute récompense. ”
Ce qui compte vraiment : l’esprit du Ramadan
Cheikh ʿAtiyyah Saqr apporte un éclairage supplémentaire en rappelant le but du Ramadan : “Le mois de Ramadan a un aspect particulier. Il est défini par l’abstention de l’âme de tous ses désirs et par l’entraînement au contrôle rationnel de ses inclinations. Cela ne peut se faire en s’abstenant uniquement de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles. ”
L’objectif du jeûne est d’atteindre la piété (taqwa), cette conscience permanente d’Allah. Cependant, la musique est souvent considérée comme une distraction qui détourne de cet objectif.
« Celui qui jeûne et écoute de la musique voit la récompense de son acte diminuée, même si son jeûne reste valable », résume Oustaz Mass Dieye. Un avis qui fait consensus parmi les chercheurs interrogés sur la question.
Ce qu’il faut retenir
A la question « est-ce qu’écouter de la musique pendant le Ramadan rompt le jeûne ? », la réponse est claire : non, techniquement, le jeûne reste valable. Mais cette réponse ne raconte pas toute l’histoire.
L’essentiel est ailleurs : le Ramadan est un mois d’effort spirituel, de purification et de rapprochement avec Allah. Chaque croyant est invité à se demander si la musique l’aide ou le détourne de cet objectif. Les érudits recommandent unanimement de profiter de ce mois béni pour se concentrer sur la lecture du Coran, les invocations et les actes d’adoration.



