Société, Culture

13,7 millions de dollars mobilisés dans l’ombre pour neutraliser une frange politique bien précise

Le paysage politique américain traverse une zone de turbulences à l’approche des primaires démocrates dans l’État de l’Illinois. Dans un climat marqué par les tensions au Moyen-Orient, des fonds massifs sont discrètement mobilisés pour orienter l’enjeu des contrôles locaux.

Selon une enquête de la radio publique de Chicago WBEZ, dont les conclusions ont été reprises par Al Jazeera, 13,7 millions de dollars ont été injectés dans ces élections par l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) et ses donateurs. Cette offensive financière vise spécifiquement à faire barrage aux candidats progressistes critiques à l’égard de la politique israélienne et des opérations militaires menées avec les États-Unis contre l’Iran.

Face à une baisse historique de sa popularité au sein de l’électorat démocrate, le lobby a modifié son approche. Usamah Andrabi, porte-parole du groupe progressiste Justice Democrats, a indiqué à Al Jazeera que l’AIPAC s’appuie désormais sur des comités d’action politique (PAC) nouvellement créés et dotés de noms génériques, à l’image du « United Democracy Project ». Cette structure permet de financer des campagnes électorales sans faire apparaître immédiatement l’origine des fonds ni la mention d’Israël.

L’influence de ces financements se matérialise dans plusieurs circonscriptions clés. Dans la course pour le siège laissé vacant par la représentante Jan Schakowsky, la militante Kat Abughazaleh, qui a publiquement qualifié la guerre à Gaza de génocide, affronte notamment Daniel Biss et Laura Fine. Fait marquant de cette campagne, un groupe lié à l’AIPAC a financé une publicité en faveur de Bushra Amiwala, une candidate pourtant farouchement opposée à l’aide américaine à Israël. L’objectif apparent de cette manœuvre était de diviser le vote progressiste pour affaiblir Kat Abughazaleh. Bushra Amiwala a immédiatement dénoncé cette initiative, refusant d’être associée à ces donateurs.

D’autres examens apportent cette même dynamique. Le candidat progressiste Junaid Ahmed a réduit l’écart face à Melissa Bean, soutenue par les groupes pro-israéliens. Parallèlement, la succession de la représentante Robin Kelly oppose Jesse Jackson Jr à plusieurs adversaires, dont Donna Miller, bénéficiaire de ces mêmes soutiens, et le sénateur d’État Robert Peters, critique de l’AIPAC. La course pour le Sénat, visant à remplacer Dick Durbin, met également aux prises des candidats aux positions divergentes sur ce dossier.

Ces primaires constituent un test électoral majeur concernant la perception de la politique étrangère américaine par les électeurs. Un récent sondage NBC souligne que seuls 17 % des électeurs démocrates sympathisent davantage avec les Israéliens qu’avec les Palestiniens. Les répercussions économiques du conflit, particulièrement visibles sur les prix du carburant aux États-Unis, alimentent le rejet des interventions militaires prolongées par une partie grandiose de la base électorale démocrate.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button