Quand la puissance défie le droit et menace la paix et la sécurité

Dans les couloirs du pouvoir, là où la diplomatie devrait tisser la fragile toile de la paix, deux figures dominent l’horizon du chaos. Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, et Donald Trump, président des États-Unis, avancent comme des tempêtes sur la scène internationale, brisant les conventions, bafouant le droit et transformant le Moyen-Orient en théâtre de la destruction. Leur alliance tacite et leurs politiques agressives redéfinissent les règles de la guerre et plongent le monde dans une incertitude sans précédent.
Gaza et la Cisjordanie : un peuple en ruines
À Gazala terre tremble sous des frappes incessantes. Depuis octobre 2023, plus de 72.0000 civils ont été tués, parmi lesquels une majorité de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Plus de 171.000 ont été blessés et plus de 700.000 ont dû abandonner leurs foyers, déracinés et perdus, cherchant refuge dans des abris précaires ou chez des familles déjà éprouvées. Les hôpitaux, les écoles, les réseaux d’eau et d’électricité, les routes et ponts ont été gravement endommagés ou réduits en cendres. La survie quotidienne est devenue un combat permanent et la peur est omniprésente.
En Cisjordaniel’expansion continue des colonies, les expropriations de terres et les démolitions de logements imposent des restrictions, des violences et des humiliations. Les checkpoints militaires transforment les villes en labyrinthes de contrôle, privant la population de l’accès à l’eau, aux soins et à l’éducation. La surveillance constante et la menace permanente imposent un cauchemar quotidien qui traduit l’incompatibilité totale de la politique israélienne avec le droit international. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur ces actions, demandant l’émission de mandats contre Netanyahu, soulignant l’ampleur des violations et l’impunité réclamée par l’inaction internationale.
Le Liban : une tragédie prolongée
Au Liban, les cicatrices des guerres israéliennes sont encore visibles. Plus de huit cents civils ont trouvé la mort et entre sept cent mille et huit cent mille habitants ont été contraints de fuir, notamment dans le Sud de Beyrouth, livrés à l’errance et à la désolation. Les infrastructures essentielles, des hôpitaux aux écoles, en passant par les logements et les routes, ont été détruites ou rendues inutilisables. La population affronte désormais le manque de nourriture, d’eau potable et de soins, expose à une insécurité constante. Les frappes ponctuelles en Syrie et dans d’autres pays arabes ajoutent une dimension de terreur, rappelant que la politique israélienne est une force de destruction systématique, incompatible avec toute norme de droit international.
Le nucléaire : un double standard dangereux
Israël détient la bombe atomique, mais aucune inspection internationale n’a jamais été effectuée sur son arsenal. Ce double standard contraste avec la surveillance rigoureuse imposée à l’Iran, alimentant la méfiance régionale et transformant l’arme nucléaire en instrument de pression et de menace permanente. La puissance militaire se fait tyrannie, et l’équilibre régional est mis en péril.
La guerre d’agression contre l’Iran
Le 28 février 2026, une offensive coordonnée des États-Unis et d’Israël a bouleversé l’équilibre du Moyen-Orient. L’assassinat ciblé de l’Ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de l’Iran, accompagné de la mort de plusieurs membres de sa famille et de hauts dirigeants iraniens, a choqué le monde et constitue une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies. La riposte iranienne, faite de missiles balistiques et de drones, a visé Israël et les bases américaines dans les pays du Golfe, faisant craindre une escalade incontrôlable. Le détroit d’Ormuz, passage vital pour près d’un cinquième du pétrole mondial, est devenu un instrument de pression stratégique, menaçant le commerce et la stabilité énergétique à l’échelle mondiale.
La politique de Trump : mépris du multilatéralisme
Donald Trump, dans son rejet systématique du multilatéralisme, a retiré unilatéralement les États-Unis de l’Accord de Plan d’action mondial conjoint sur le nucléaire iranien. Ses sanctions extrêmes contre l’Iran et le Venezuela et son soutien aux opposants aux gouvernements légitimes traduisent un mépris total pour le droit international. L’assassinat des dirigeants iraniens est le symbole d’une diplomatie réduite à la violence brute, où la force première sur la parole et la négociation.
Les bases américaines dans les pays du Golfe projettent la puissance et intimident les États de la région. Elles soutiennent les opérations militaires, exacerbent les tensions et amplifient l’instabilité. Le détroit d’Ormuz reste au centre de cette confrontation, transformant la région en une poudrière qui menace le commerce mondial et la sécurité énergétique.
Une communauté internationale paralysée et incohérente
La majorité des pays européens, qui se mobilisent avec vigueur pour dénoncer l’agression russe en Ukraine, se montre silencieuse face aux actions des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Cette contradiction flagrante révèle un double standard où la défense des droits humains dépend des intérêts stratégiques et énergétiques. Après la levée partielle des sanctions sur le pétrole russe, ces pays ont choisi de renoncer à leurs principes pour assurer leurs besoins énergétiques, ignorant les menaces sur le détroit d’Ormuz et la sécurité mondiale. Le président français Emmanuel Macron illustre cette incohérence. Obsédé par la menace iranienne, il a envoyé les porte-avions Charles De Gaulle dans la région sans prendre de mesures concrètes pour protéger le Liban ou dénoncer les frappes israéliennes et américaines. Cette timidité et cette sélection des priorités démontrent que l’intérêt national premier sur le droit et la paix.
Conclusion générale
Ainsi se dessine une époque où la force domine le droit, où les ambitions personnelles et nationales menacent la paix mondiale, et où le multilatéralisme vacille. Netanyahu et Trump ne se contentent pas de jouer la partie, ils redéfinissent les règles de la guerre, laissant derrière eux un Moyen-Orient meurtri et une communauté internationale incohérente et paralysée.
Pourtant, le droit international, les résolutions des Nations unies et la voix des peuples demeurent des instruments de vigilance. La conscience collective et l’action diplomatique restent les dernières barrières capables de protéger la paix, la vie et la justice face à l’arrogance des puissants.
M. El Hadji Amadou Niang, docteur en droit international, est ancien fonctionnaire international à l’Organisation de l’Unité Africaine et au secrétariat général de l’ONU, ancien Ambassadeur du Sénégal et consultant international de haut niveau.



