Société, Culture

Reboisement aux Parcelles Assainies, l’école comme premier rempart contre le béton

Les femmes de l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande Muraille verte (ASERGMV) ont organisé, ce mardi 17 mars 2026, à l’école élémentaire de l’Unité 16 des Parcelles Assainies, une journée de reboisement en partenariat avec la mairie locale, à l’occasion du mois international des droits des femmes. Élèves, enseignants, élus et agents de l’agence ont conjugué leurs efforts pour planter des arbres et porter un message : reverdir le Sénégal commence à l’école.

L’initiative répond au thème retenu cette année par l’Organisation des Nations Unies : « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles ». « Nous avons voulu organiser une activité de reboisement dans une école pour montrer aux élèves et à toute la commune que cette action fait partie de nos missions régaliennes, et pour permettre aux enfants de mieux comprendre ce qu’est la Grande Muraille verte », indique Adja Cissé, présidente de l’amicale du personnel de l’ASERGMV. L’école de l’Unité 16 s’est imposée comme « site idéal », grâce à l’engagement spontané de ses acteurs et à une organisation interne déjà exemplaire.

Yangor Dione, adjoint du directeur de l’établissement, en témoigne avec fierté : « Dans notre école, chaque classe a ses arbres, suivis quotidiens. Chaque matin, avant d’entrer en classe, les élèves les arrosent. On n’a pas de problème de suivi.» Une discipline qui illustre, selon elle, que l’éducation ne se limite pas aux salles de classe. « On a montré aux élèves qu’on a besoin des arbres pour manger, pour se soigner, pour s’habiller », ajoute-t-elle.

Le Peltophorum, un arbre choisi avec intention

L’espèce plantée n’est pas anodine. Le Dr Sekouna Diatta, directeur général de l’ASERGMV, a expliqué le choix aux élèves : « Le Peltophorum va croître très rapidement et produire beaucoup de feuilles, donc de l’ombre. Mais au-delà de l’ombre, ses feuilles améliorent le taux de matière organique dans ce sol sablonneux des Parcelles Assainies, lui permettant de mieux retenir l’eau.» Il a toutefois rappelé une condition essentielle à la réussite : « Ça ne sert à rien de planter 1 000 arbres et de ne pas les suivre. »

La journée a été l’occasion de saluer le rôle des femmes de l’agence, « discrètes mais déterminantes » dans les opérations de reboisement à travers le pays. Le Dr Diatta l’a dit sans détour : « Les actions les plus réussies de l’agence sur le terrain sont celles qui mènent les femmes. Ce n’est pas une surprise. Même dans nos familles, elles en sont le pilier.»

Le maire des Parcelles Assainies, Djamil Sané, rappelle qu’à son arrivée à la tête de la commune en 2022, le constat était accablant : « Nous avons relevé, statistiques à l’appui, que les Parcelles Assainies ne comptaient que 523 arbres. Et si vous regardez autour de vous, le béton est omniprésent. » Depuis, la mairie multiplie les partenariats pour verdir la commune, arbre après arbre.

Un engagement salué par le directeur général de l’ASERGMV : « Sur les 19 communes de Dakar, c’est le seul maire qui a exprimé sa volonté et l’a concrétisée. Le reverdissement du Sénégal ne relève pas uniquement de l’agence, mais de chaque citoyen. »

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