Politique

Quand le triomphe sans gloire se heurte au génie politique (Par Babou Bamba)

Depuis quelques temps, l’attention se porte sur la plus haute sphère de la République, dans l’espoir de connaître l’épilogue de ce qui apparaît aux Sénégalais et au monde entier comme la naissance d’une dualité au sommet de l’Etat.

La polémique n’en continue pas moins de constituer une onde de choc qui cristallise des passions de plus en plus exacerbées.

Face à cet état de fait, force est de constater que, quelles que soient la profondeur et l’ampleur des divergences, les intérêts de la République sont toujours mis en avant. En témoigne la sortie récente du gouvernement sous la houlette de son Premier Ministre, où des initiatives pratiques susceptibles de traduire en mesures concrètes l’aspiration des Sénégalais à un meilleur bien-être, ont été clairement définies.

Mais la question fondamentale demeure et demeure : jusqu’où irons-nous avec cette situation de ni guerre ni paix ?

Face à cette question, il n’y a pas quatre manières de tenter de comprendre la nature du problème même si certains veulent nous faire croire à la complexité d’un litige qui échappe aussi bien aux esprits alertes qu’aux profanes.

Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour savoir qu’un différend entre deux protagonistes ne surgit que lorsque l’une des parties décide de s’éloigner volontairement, ignorant tout ce qui avait été convenu.

Inutile de rappeler les différentes aventures auxquelles a dû faire face le parti PASTEF avant d’accéder au pouvoir. J’ai l’habitude de dire que le PASTEF n’est pas un parti où les militants et sympathisants ont l’esprit anesthésié, prêt à avaler tout ce qui vient d’en haut. Ce sont des citoyens soumis à la réflexion et non soumis à une obéissance aveugle.

Pourtant, à la réunion des bilans et de tous les bilans, la postérité retiendra que l’itinéraire du chef du parti en la personne d’Ousmane Sonko, n’a jamais connu une trajectoire politique tortueuse. Il a été et reste le seul constant qui n’a jamais varié dans ses positions et dans son engagement auprès du peuple à travers ses principes directeurs pour faire du Sénégal un pays souverain et prospère.

Malgré tous les sacrifices consentis, et les efforts déployés pour opérer un changement radical et bannir à jamais les vieilles pratiques, quand on se rend compte que le pouvoir s’inscrit dans une logique de continuité et de maintien des vieilles pratiques, en procédant petit à petit à la réintégration d’une classe dirigeante vomie et rejetée par le peuple, il y a lieu de s’interroger.

Si les aspirations légitimes au changement sont détournées par l’actuel locataire du palais, il faut le dénoncer et finalement le combattre avec toute l’énergie nécessaire.

Lors de la dernière assemblée générale de la Coalition Présidentielle Diomaye, nous avons tous suivi avec consternation l’argumentation bancale du président dont l’objectif n’est ni plus ni moins que la mise en place d’un processus de recyclage de tous les déchets politiques qui l’a toujours combattu sans concessions et qui a fini par se retourner après avoir senti le vent favorable d’une alternance irréversible en 2024. Une manière de favoriser la perversion de l’idéal politique défendu par les patriotes au prix de leur vie.

En soutenant cette initiative, le président Diomaye récompense le parjure tout en sanctionnant négativement la fidélité et le respect de la parole donnée, mettant ainsi en avant la conception réductrice et opportuniste selon laquelle « en politique, il n’y a ni amis éternels ni ennemis éternels, il n’y a que les intérêts du moment ».

Un premier coup meurtrier contre le projet, porteur également d’une alternative au regard des valeurs fondatrices de notre société. L’exécutif a ainsi promu des antivaleurs incarnées par des contre-modèles qui adorent aujourd’hui ce qu’ils abhorraient hier.

Si certains affirment avec conviction que le pouvoir possède cette force incroyable capable de transformer profondément et radicalement les hommes, j’affirme pour ma part que, loin de modifier la nature humaine dans son essence, le pouvoir agit plutôt comme un puissant révélateur qui a cette capacité d’actualiser, de dévoiler et d’exposer la vraie nature de l’être. Ainsi, les intentions, les désirs et les motivations intrinsèques de chacun deviennent visibles, permettant ainsi de comprendre comment l’individu réagit et interagit avec son environnement une fois en position d’autorité.

C’est en réalité le contexte dans lequel nous nous trouvons, le président et sa nouvelle trouvaille ressemblant à un conglomérat d’intérêts hétérogènes, composé de courtisans et d’alliés de circonstance.

Un exemple éloquent qui confirme malheureusement l’imaginaire collectif des Sénégalais selon lequel la politique est perçue comme une affaire de duplicité utilisée comme un « cheval de Troie » dont les hommes politiques se servent pour abuser des masses afin de réaliser des ambitions strictement personnelles.

Heureusement, il existe dans le Landerneau politique sénégalais, cette exception incarnée par le président du Parti PASTEF dont le courage lucide, le parcours et la posture continuent de faire des émules par des pans entiers de militants et sympathisants au Sénégal et dans la diaspora.

Ce qui semble être une volonté de scission n’est en réalité qu’une tempête dans une tasse de thé, qui sera très vite maîtrisée et mise hors de danger.

Le PASTEF restera fort et poursuivra sa belle marche jusqu’à la victoire finale en élevant son leader à la fonction suprême de ce pays, car 2029 n’est pas loin. Mais faut-il, dans ce cas, balayer tous les obstacles qui se dresseront devant nous ?

BABOU Bamba

PASTEF, Grand Yoff

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button