Société, Culture

Accès à l’information, Vers la mise en place d’un observatoire multi-acteurs pour veiller à l’application de la loi

Avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD Sénégal) dans le cadre de son projet 3P4D (Promoting Participation Pathways for Human Development), Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest a organisé mardi 17 mars un atelier national de formalisation du forum multi-acteurs (Observatoire) sur le suivi et la mise en œuvre de la loi d’accès à l’information au Sénégal. Cette rencontre, qui a rassemblé plusieurs acteurs dont la société civile et les médias, vise à mettre en place un cadre fonctionnel, inclusif et légitime pour assurer un suivi participatif et durable de l’application de cette loi, ainsi qu’à adopter une feuille de route.

Les acteurs de la société civile, des médias et des institutions publiques se sont réunis ce mardi pour réfléchir à la mise en place d’un observatoire multi-acteurs dédié au suivi de l’application de la loi sur l’accès à l’information, adoptée en août 2025. L’initiative, portée par Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest avec le soutien du PNUD, marque une nouvelle étape dans la consolidation de la transparence et de la gouvernance démocratique au Sénégal.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, Alfred Boulakali, directeur régional de l’organisation, a rappelé l’importance de cet atelier dans la continuité des efforts citoyens. « Cette rencontre nous offre un cadre de réflexion pour poursuivre notre engagement en faveur de l’effectivité du droit d’accès à l’information », at-il déclaré.

Après plusieurs années de plaidoyer mené par la société civile, l’adoption de cette loi constitue une avancée majeure. Toutefois, pour les acteurs engagés, le véritable défi réside désormais dans sa mise en œuvre efficace. « Maintenant que la loi est adoptée, il s’agit de réfléchir à la manière de continuer à jouer notre rôle pour que cette demande citoyenne devienne une réalité », a souligné M. Boulakali.

L’observatoire envisagé ne se veut pas une nouvelle organisation, mais plutôt un cadre de concertation et de coordination. Il permettra de canaliser les efforts des différentes parties afin d’assurer un suivi rigoureux de l’application de la loi. Les discussions ont ainsi porté sur la vision, la mission, les attributions ainsi que le mode de gouvernance de ce futur mécanisme

Ce cadre devrait également collaborer étroitement avec les organes officiels, notamment la future Commission nationale d’accès à l’information, dont la mise en place est attendue. En parallèle, il jouera un rôle citoyen de veille et de contrôle, contribuant à garantir la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Au cœur des échanges figure aussi l’élaboration d’une feuille de route claire. Celle-ci devra définir les actions prioritaires à mener pour accompagner l’entrée en vigueur de la loi et en assurer une application effective sur l’ensemble du territoire. Dans son intervention, Alfred Boulakali a insisté sur les implications concrètes de cette législation. Celle-ci impose aux institutions publiques, mais aussi à certains organismes privés, de rendre accessibles les informations qu’ils détiennent. Elle introduit notamment le principe de divulgation proactive, obligeant ces entités à publier régulièrement des données via leurs plateformes numériques. En cas de manquement, les citoyens, journalistes ou organisations peuvent désormais formuler des demandes d’accès à l’information. La loi contrainte alors les structures concernées à répondre, que ce soit par voie électronique ou par tout autre moyen approprié, sauf dans les cas d’exceptions prévues par les textes

Pour les professionnels des médias, cette réforme pourrait constituer une véritable révolution. Elle est perçue comme un levier puissant pour lutter contre la désinformation et la sous-information, en facilitant l’accès à des sources fiables et vérifiables.

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