Politique

Forfait contesté : les arguments juridiques du Sénégal pour annuler la décision de la CAF

XALIMANEWS : La décision rendue par la Confédération africaine de football continue de susciter de vives réactions dans le monde du football sénégalais. Pour Maître Amar, greffier au Tribunal de Thiès, cette sanction est loin d’être définitive et peut être contestée devant les juridictions sportives internationales.

Dans une analyse juridique détaillée, il estime que le Sénégal dispose de solides arguments pour obtenir l’annulation du forfait, s’appuyant notamment sur le droit international du football et plusieurs précédents du Tribunal arbitral du sport.

Une incohérence entre le règlement de la CAF et les lois du jeu

Selon Maître Amar, la CAF a appliqué son règlement de manière isolée, notamment l’article 82, sans tenir compte des lois universelles du football définies par la FIFA et l’IFAB.

Il rappelle que la loi 5 donne à l’arbitre le contrôle total du match, y compris le temps de jeu. Cependant, dans ce cas précis, l’arbitre a décidé de reprendre le match après l’incident et de le mener à son terme.

Pour le juriste, cette décision est déterminante : un match qui s’est terminé sous l’autorité de l’arbitre ne peut être requalifié en forfait après coup.

Jurisprudence Serbie-Albanie en faveur du Sénégal

Maître Amar s’appuie également sur une décision historique rendue en 2014 par le TAS dans l’affaire Serbie-Albanie. Dans ce cas, une sanction par forfait a été annulée faute de preuve formelle d’un refus de jouer.

Il souligne que la situation du Sénégal est encore plus claire : non seulement il n’y a pas eu de refus, mais le match a bel et bien repris et terminé.

Selon lui, cette jurisprudence confirme que la justice sportive privilégie la réalité du terrain aux décisions administratives.

Le précédent Chelsea contre l’UEFA

Autre élément cité : le différend entre le Chelsea FC et l’UEFA en 2009. Cette affaire a permis d’établir un principe important : la stabilité des compétitions doit être préservée.

Ainsi, lorsqu’un match reprend après une interruption, même dans un contexte tendu, le résultat sportif doit être maintenu. Un arrêt temporaire ne peut être assimilé à un abandon définitif.

Manque d’intention d’abandonner

Enfin, Maître Amar insiste sur la notion d’intention, essentielle en droit du sport. Il rejette toute idée de retrait volontaire de l’équipe sénégalaise.

Il souligne que les joueurs sont restés sur le terrain et que certains dirigeants, notamment Sadio Mané, ont œuvré pour calmer la situation et favoriser la reprise du match.

Dans ces conditions, il estime que l’élément intentionnel nécessaire pour caractériser l’abandon fait défaut.

Une bataille judiciaire en perspective

Pour Maître Amar, la décision de la CAF ne constitue qu’une étape dans cette affaire. Selon lui, le Sénégal dispose de sérieux arguments juridiques pour contester la sanction devant les instances supérieures, notamment le TAS.

Cette affaire pourrait ainsi se poursuivre sur le terrain juridique, où la question centrale restera celle de la primauté du jeu sur les décisions administratives.

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