Visé par des assassinats ciblés, l’Iran verrouille le pays et neutralise plus d’une centaine de cellules

L’Iran se trouve actuellement confronté à une escalade sécuritaire majeure, marquée par des offensives extérieures et une fronde interne. Alors que les frappes américaines et israéliennes ciblent les plus hauts responsables de son appareil d’État, Téhéran a déclenché une vaste opération de verrouillage du pays, multipliant les arrestations et restreignant drastiquement l’accès aux communications.
Les autorités iraniennes ont annoncé l’interpellation de centaines de personnes à travers le territoire. Le ministère des Renseignements a indiqué avoir neutralisé 111 cellules qualifiées de « pro-monarchie » réparties dans 26 des 31 provinces du pays. Ces opérations se déroulent dans la nuit de mardi à mercredi, en marge de la fête traditionnelle du Chaharshanbe Suri. Des armes ont également été saisies lors de ces interventions, tandis que les forces de sécurité maintiennent des patrouilles lourdement armées et des points de contrôle dans les grandes agglomérations.
Cette vague d’arrestations s’accompagne d’une coupure totale d’Internet imposée à plus de 92 millions d’habitants pour la troisième semaine consécutive. Dans ce contexte, 21 individus ont été arrêtés spécifiquement pour avoir transmis des vidéos à des médias provenant de l’étranger. Selon les éléments analysés par notre rédaction, les autorités ont par ailleurs intercepté deux cargaisons clandestines contenant 350 terminaux Internet par satellite Starlink. La justice iranienne a également annoncé l’exécution de Kourosh Keyvani, un jeune homme accusé d’espionnage au profit d’Israël, dont les aveux ont été diffusés publiquement lors d’une audience.
Ces mesures de contrôle interne interviennent alors que l’Iran subit des pertes considérables au sein de son commandement. Les forces américaines et israéliennes, qui affichent ouvertement leur volonté de changement de régime, ont multiplié les frappes ciblées. Le chef de la sécurité, Ali Larijani, ainsi que le commandant des forces paramilitaires du Bassidj, Gholamreza Soleimani, ont été tués lors de récentes attaques. Des responsables israéliens ont également revendiqué l’élimination du ministre des Renseignements, Esmaeil Khatib. Ces assassinats font suite à la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, survenus au début de la guerre fin février. Son fils, Mojtaba Khamenei, a depuis été désigné pour lui succéder.
Malgré ces frappes qui visent directement le dispositif sécuritaire des Gardiens de la révolution, les dirigeants iraniens maintiennent une position inflexible. Lors d’un entretien accordé à Al Jazeera, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que l’État ne s’effondrerait pas malgré les assassinats en série. De son côté, le chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni Ejei, a qualifié la situation de défaite pour les États-Unis, en pointant les difficultés de Washington à sécuriser le transport maritime mondial dans le détroit d’Ormuz.



