Politique

L’armée capture un personnage clé de Sinaloa sous la pression de Washington

Une vaste opération militaire menée dans le nord du Mexique a entraîné un lourd bilan humain et la neutralisation d’une figure du crime organisé. Cette intervention des forces de sécurité intervient dans un climat d’exigences diplomatiques fortes adressées par Washington aux pays d’Amérique latine en matière de lutte contre la drogue.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les autorités mexicaines ont confirmé la mort de 11 personnes lors d’un assaut de la marine à Culiacan, dans l’État de Sinaloa. L’opération visait spécifiquement Omar Oswaldo Torres, surnommé « El Patas », identifié comme le chef de la faction Los Mayos au sein du cartel de Sinaloa. Ce dernier a été capturé à la fin de l’intervention.

La marine mexicaine a indiqué que ses éléments avaient essuyé des tirs à leur arrivée sur les lieux avant de riposter, tuant 11 individus qualifiés d’« assaillants ». Leurs identités n’ont pas encore été rendues publiques. Des armes de gros calibre et du matériel tactique ont été saisis sur place. Une femme, identifiée comme étant la fille d’Omar Oswaldo Torres, était présente lors de l’opération mais a été remise à sa famille car aucune charge pénale n’a été retenue contre elle.

La capture de ce leader intervient dans un contexte de lutte fratricide au sein même du cartel de Sinaloa. La faction Los Mayos se heurte régulièrement à un autre groupe, Los Chapitos. Ces deux entités tirent leurs noms de leurs dirigeants historiques respectifs, Ismael « El Mayo » Zambada et Joaquín « El Chapo » Guzman, tous deux actuellement incarcérés aux États-Unis.

Cette offensive coïncide avec la volonté des gouvernements latino-américains de présenter des résultats tangibles au président américain Donald Trump. D’autres opérations récentes illustrent cette dynamique régionale, notamment l’arrestation d’Angel Esteban Aguilar, leader du groupe Los Lobos, dans une action conjointe impliquant le Mexique, l’Équateur et la Colombie. Le mois dernier, une autre opération militaire dans l’État de Jalisco a entraîné la mort de Nemesio Oseguera, dit “El Mencho”, chef du cartel Jalisco New Generation.

La méthode de ciblage des dirigeants des cartels, baptisée « stratégie de décapitation », est fortement encouragée par l’administration américaine. Toutefois, les experts cités dans le rapport soulignent que cette approche risque de conduire à long terme à une augmentation de la violence en créant des vides de pouvoir, sans s’attaquer aux causes profondes de la criminalité telles que la pauvreté et la corruption.

Le président Donald Trump a récemment qualifié les cartels d’organisations terroristes étrangères et a désigné le Mexique comme l’épicentre des violences liées à ces groupes, évoquant même la possibilité d’une action militaire américaine sur le sol mexicain. En réponse, les autorités mexicaines continuent de faire pression sur les États-Unis pour qu’ils prennent des mesures visant à freiner le flux d’armes illicites sur leur territoire. L’année dernière, la Cour suprême des États-Unis a rejeté une plainte du gouvernement mexicain accusant les fabricants d’armes américains de négligence dans l’armement des réseaux criminels.

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